Quel politique sera sacré le meilleur menteur 2014 ?

Quel politique sera sacré le meilleur menteur 2014 ?

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POLITIQUE – Le politologue Thomas Guénolé, entouré d’un jury de journalistes, vient de créer le premier Prix du menteur en politique. La distinction vise à récompenser avec humour les meilleurs mensonges en politique. Dix hommes et femmes politiques sont nominés, le grand vainqueur sera connu vendredi.

Qui sera le champion du mensonge ? Nicolas Sarkozy pour ses "17 mensonges répétés en boucle pendant sa campagne de réélection à la présidence de l’UMP" ? Marine Le Pen pour "son accumulation d’approximations et d’exagérations" ? Ou encore le tandem Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet pour "l'ensemble de leurs mensonges pendant la campagne municipale parisienne" ? Dix hommes et femmes politiques sont en effet nominés pour la première édition du Prix du menteur en politique . Le grand vainqueur sera annoncé vendredi. Metronews a contacté Thomas Guénolé, politologue à l’origine de ce drôle de Prix. Il explique sa démarche.

Metronews : Pourquoi avoir créé ce Prix du menteur ?
J’ai un grand intérêt, sur le sujet, que j’avais déjà exploré avec mon livre Petit guide du mensonge en politique. J’ai gardé un goût marqué pour les sites qui décryptent les techniques utilisées pour le grand public, comme Désintox , de Libération, les Décodeurs , du Monde ou encore Le Lab , d’Europe 1. Ce travail de déconstruction des mensonges dans la classe politique est d’utilité publique. J’ai donc eu l’idée de créer une distinction publique, décernée avec humour, à la fois pour inciter la classe politique à moins mentir, montrer l’importance du journalisme d’investigation, et encourager le public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique.

Est-ce que cela a été dur de trouver les nominés  ?
Au contraire, très simple ! J’ai contacté des journalistes représentant des médias avec des lignes éditoriales diverses, de Libé au Figaro, spécialisés dans le fast-checking, pour constituer le jury. Nous sommes six. Chacun a proposé jusqu’à trois nominés. Seules conditions : ils devaient faire partie de la classe politique, et que les mensonges aient été avérés et prononcés en 2014. Au final, sans qu'aucun juré ne se soit concerté, tous les partis sont bien représentés : du PS François Rebsamen "pour avoir triché sur les chiffres de la croissance", à Jean-Luc Mélenchon "pour son acharnement à nier mordicus l'évidence de son absentéisme au Parlement européen". On a aussi des prix spéciaux : Jérôme Cahuzac et ainsi nominé pour l’ensemble de son œuvre, pour le Prix du jury, et l’UMP Guillaume Peltier dans la catégorie Jeune espoir.

Alors, les politiques mentent-ils plus qu’avant ?
Non. On peut avoir cette impression mais c’est un effet d’optique. C’est comme la corruption ou la fraude fiscale : il n’y en a pas davantage, mais l’investigation journalistique a beaucoup progressé, donc les scandales éclatent plus qu’avant. C’est pareil pour le mensonge : il a toujours été abondant, mais il est beaucoup plus détecté et décrypté.

Ce Prix ne risque-t-il pas de jeter un peu plus le discrédit sur la classe politique ?

Ce n’est pas du tout l’idée. La classe politique actuelle n’est pas pire qu’avant, on la voit juste de beaucoup plus près et plus en détail qu’il y a 50 ans. Aujourd’hui, on attend beaucoup des hommes politiques qu’ils soient des héros, qu’ils résolvent les problèmes de la société. Or, aussi bien en terme de compétence que d’aptitude ou de moralité, ce sont des êtres humains comme nous, ni pire ni meilleurs que nous ne le serions à leur place.

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