Quel rôle a exactement joué Alexandre Benalla lors du défilé du bus des Bleus sur les Champs-Élysées ?

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Benalla, l'affaire sans fin

CHAMPION DU MONDE – De nouveaux éléments sont apparus ce mercredi concernant l’implication d’Alexandre Benalla durant la journée du 16 juillet, qu’il a passée avec les Bleus alors de retour en France au lendemain de leur triomphe en Russie.

"J’ai entendu dire qu’il était en charge de la logistique des bagages." La phrase, prononcée lundi sur BFMTV, pouvait prêter à sourire. Mais puisqu’elle concerne Alexandre Benalla, ce chargé de sécurité d’Emmanuel Macron licencié pour avoir tabassé des manifestants  vêtu d’un casque de police le 1er mai, et puisqu’elle est sortie de la bouche de Christophe Castaner, le patron de la LaREM, en réponse à une question relative à la présence du proche collaborateur du chef de l’État dans le bus des Bleus le 16 juillet, il a bien fallu la prendre un tant soit peu au sérieux sur le moment... Heureusement, ce mardi 24 juillet, de nouveaux éléments sont apparus, contredisant cette thèse a priori farfelue.

Il me fallait un contact permanent pendant toute la progression du cortège, pour savoir si cette contrainte horaire serait tenue.- Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, s’est en effet exprimé à ce sujet devant la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale ce mardi. "S’agissant de l’organisation de l’accueil de l’équipe de France, on a vu M. Benalla sur tout le trajet qui a conduit l’équipe de l’aéroport de Roissy jusqu’à l’Élysée. Le contexte était le suivant : cette réception de l’équipe de France à l’Élysée avait été décidée en toute urgence, et la Fédération française de football (FFF) nous avait fixé un cadre extrêmement précis, à savoir que les joueurs devaient impérativement quitter l’Élysée à 20h", a-t-il expliqué.

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Avant de poursuivre : "Or, nous savons par expérience qu’entre l’aéroport et l’Élysée, la séquence la plus délicate pour le bus est la descente des Champs-Élysées. En 1998, cela avait duré quatre heures (il n'y avait pas de barrière entre le public et le bus à l'époque, ndlr). Nous avons pris l’engagement vis-à-vis de la FFF de respecter la contrainte horaire. Et j’avais donc besoin, pour un événement dont le point final était le palais de l’Élysée, où l’on accueillait les joueurs et leurs accompagnateurs, d’être sûr que le bus arriverait au plus tard à 19h15. Alors il me fallait un contact permanent pendant toute la progression du cortège, pour savoir si cette contrainte horaire serait tenue. C’est la raison pour laquelle M. Benalla était sur les lieux."

Des "règles de sécurité strictes"

Avant que n’éclate l’affaire Benalla, l’Élysée avait pourtant formellement démenti avoir eu une quelconque influence sur la vitesse du bus des Bleus sur les Champs-Élysées, jugée trop grande par les nombreux supporters venus les acclamer et repartis frustrés. D’ailleurs, mercredi dernier, Didier Deschamps, sur le plateau du journal de 20h de TF1, avait lui-même affirmé que "les joueurs avaient envie de repasser une deuxième fois" sur les Champs-Élysées, pour prolonger le plaisir, mais qu’ils avaient dû se plier à "des règles de sécurité strictes"... Et non à une "contrainte horaire", donc.

Deux altercations en marge du défilé

Dans son édition à paraître ce mercredi, Le Canard Enchaîné affirme qu’Alexandre Benalla s’est lui-même chargé, assis à côté du chauffeur, d’accélérer la cadence du bus à impériale. L’hebdomadaire satirique ajoute que le chargé de sécurité s’était auparavant imposé aux gendarmes sur le tarmac de l’aéroport comme le directeur des opérations. Une information confirmant celle de M6, datant du 20 juillet, selon laquelle Alexandre Benalla avait eu un vif échange avec un commandant de gendarmerie lui ayant demandé qui il était à son arrivée à l’aéroport et ayant insisté devant lui sur l’autorité de la gendarmerie dans ce dispositif. Son comportement avait été jugé "très agité" et "inacceptable" par des gendarmes.

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M6 indiquait alors, en outre, que l’ex-collaborateur de l’Élysée avait aussi eu une altercation dans la soirée avec un commissaire de police à l’intérieur de l’hôtel de Crillon. Le Canard Enchaîné ajoute aujourd’hui que l’incident est survenu parce qu’Alexandre Benalla a lui-même ordonné au commissaire en question de disperser la foule massée devant le Crillon et que  le policier s’était "rebiffé avant d’obéir". Pour mémoire, un imbroglio avait conduit plusieurs milliers de personnes à se rendre sous le balcon du palace pour voir les Bleus exhiber leur trophée, jusqu’à ce tweet tardif de la FFF.

Ensuite, l’Élysée, la FFF et même le sélectionneur de l’équipe de France ont tour à tour nié qu’il était prévu que les champions du monde devaient se rendre au Crillon après le cocktail à l’Élysée. Peine perdue : LCI avait révélé qu’ils devaient effectivement s’y rendre après avoir vu Emmanuel Macron, ce qu’un mail envoyé par le Crillon à ses voisins, publié ce mercredi par Le Canard Enchaîné, confirme. La présence sur place, ce soir-là, d’Alexandre Benalla indique enfin que la présidence de la République a bien quelque chose à voir dans ce revirement.

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