Quelles ambitions politiques pour "Gilets jaunes, le mouvement" et le parti de Jacline Mouraud "Les Émergents" ?

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La colère des Gilets jaunes

POLITIQUE - Après de nombreuses semaines de mobilisation sur le terrain et des manifestations partout en France, des Gilets jaunes souhaitent pérenniser le mouvement en l’organisant et le structurant politiquement. Ces derniers jours, deux initiatives ont vu le jour.

Pour continuer à exister et pérenniser leur action dans le temps, les Gilets jaunes commencent à se structurer en mouvements et partis politique. Deux d'entre eux ont émergé ces derniers jours, avec des objectifs différents, émanant de personnalités aux revendications divergentes. Et avec une difficulté : celle de ne pas apparaître trop politique - les Gilets jaunes ayant toujours mis en avant leur apolitisation - et de ne pas imposer de leaders - les partisans du mouvement ayant toujours refusé de se munir de représentants "officiels". Mais quelles sont les ambitions de ces deux mouvements, qui malgré leur création récente, ont déjà fait l'objet de nombreuses critiques ?

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"Gilets jaunes, le mouvement"

Samedi 5 janvier, des Gilets jaunes réunis dans les locaux du quotidien La Provence à Marseille ont annoncé la création d’un mouvement national baptisé "Gilets jaunes, le mouvement". La soixantaine de personnes présente dans les locaux du journal dont Bernard Tapie est l'actionnaire majoritaire s'est présentée comme les "représentants de gilets jaunes de toute la France". Parmi eux se trouvaient les médiatiques Christophe Chalençon, Ingrid Levavasseur et Hayk Shahinyan, ce dernier se présentant sur son compte Twitter comme le fondateur du mouvement. Pourtant, de nombreux Gilets jaunes ont remis en cause leur légitimité, leur reprochant de ne pas représenter "le peuple" et de vouloir établir une liste pour les élections européennes.

Se faire élire au Parlement européen, est-ce leur but ? Ce n’est en tout cas pas celui qu’ils mettent en avant. Lors d’une conférence de presse, Hayk Shahinyan a déclaré : "L’objectif de ce mouvement sera de coordonner les actions le plus largement sur le territoire et de travailler à la création d’un vrai programme de société à travers l’ensemble des revendications", défendant un mouvement "horizontal" qui ne ressemble à "aucun parti politique ou syndicat". "Les citoyens seront au cœur des décisions, des actions, des projets, à mener et des idées à défendre (…) Aucune direction ne pourra imposer des choses aux citoyens", a-t-il ajouté. Avant de préciser : "Nous n’avons pas parlé des élections européennes ou validé une quelconque liste." Même si sur notre plateau samedi dernier, Jean-François Barnaba avait semblé plus affirmatif quant à la présence d'une liste de Gilets jaunes aux européennes.

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Européennes : "Il y aura bien la présence d'une liste issue de ce mouvement des Gilets jaunes"

"Les Émergents"

Deux jours après l'annonce de structuration d'un premier mouvement, c'est Jacline Mouraud, pionnière du mouvement, qui a annoncé la création de son parti politique, baptisé "Les Emergents". Ce nom a été retenu avant "que cela passe par un vote où d'autres noms seront certainement proposés. Mais il faut bien commencer par quelque chose", a expliqué celle qui s'est fait connaître pour ses vidéos dénonçant le coût de l'essence à l'AFP. 

Alors que Jacline Mouraud a précisé que les statuts de son parti n'avaient pas encore été déposés, elle a également expliqué qu'il servirait à demander "une grande réforme de la fiscalité" et de "remettre le social sur la table".

Alors qu'elle a fait l'objet de très nombreuses critiques, notamment pour ses interventions dans les médias, et sa volonté de dialoguer avec le gouvernement, l'hypnothérapeute prend les devants en précisant qu'elle ne briguerait pas la tête du parti. "Je ne revendique aucun titre, j’essaye de créer le parti, c’est pas mal", a-t-elle expliqué à franceinfo. "Ensuite, comme dans n’importe quel parti, il y aura des votes. Que ça soit moi ou pas, je m’en fous, ce n’est pas ça qui est important. C’est de le faire exister, c’est de rassembler les personnes contre la violence et pour le respect de nos institutions", a-t-elle ajouté, critiquant au passage les Gilets jaunes violents, qui s’en prennent aux ministères ou représentations de l’Etat.

Jacline Mouraud ne souhaite pas participer aux futures élections européennes avec son parti. Elle a en ligne de mire les élections municipales, en 2020.

Elle l'a confirmé mardi 8 janvier sur LCI. "C'est un parti qui vise le long terme. Les européennes, c'est beaucoup trop court, on ne fait rien de bon dans l'urgence" a-t-elle déclaré, démentant au passage toute intention de se présenter sur la liste d'un autre parti pour la prochaine échéance électorale.

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