Questionnaire aux adhérents : nouveau nom, nouvelles idées... le FN se cherche une identité

MISE À NU - Six mois après l'échec de Marine Le Pen à la présidentielle, et deux mois après la démission de Florian Philippot, le Front national tente de se retrouver une identité. Pour cela, il adresse jusqu'au 1er décembre un questionnaire particulièrement ouvert à ses 80.000 adhérents. Nous avons pu le consulter.

Dites-nous qui vous êtes, nous vous dirons qui nous sommes. Pris en tenaille, depuis l'échec de Marine Le Pen à la présidentielle, entre des courants de pensée contradictoires, le Front national adresse, jusqu'au 1er décembre, un questionnaire détaillé à ses quelque 80.000 adhérents revendiqués. Un document de 8 pages avec 33 questions, dont l'étendue montre à quel point le parti reste privé, pour l'heure, de ligne politique claire. 


A travers ces questions, la direction du FN espère faire émerger des axes de conduite communs en vue du congrès prévu à Lille en mars 2018. Un congrès à l'occasion duquel la présidente, Marine Le Pen, compte bien être reconduite à son poste et s'assurer ainsi une nouvelle légitimité auprès de sa base, après le traumatisme du débat manqué de l'entre-deux tours de la présidentielle. "C'est un peu un cahier de doléances", a résumé le député Gilbert Collard, qui compte tirer de "l'analyse de l'ensemble" une liste de "priorités" pour l'avenir. 

Questions personnelles

Le document adressé aux adhérents n'est pas simplement destiné à trouver des idées. Il cherche d'abord à comprendre qui ils sont. Outre les questions usuelles sur leur identité, leur statut familial et socio-professionnel, les militants se voient notamment demander s'ils ont "une double nationalité", s'ils s'informent davantage dans les médias - et lesquels exactement - ou bien sur les réseaux sociaux, où le FN est particulièrement actif. 


Les intéressés doivent également se situer sur l'échiquier politique ("très à droite", "très à gauche", "centriste" etc), donner leur sentiment sur la pertinence du clivage "patriote-mondialiste" (que défendait particulièrement l'ex-numéro 2 Florian Philippot), ou sur l'opportunité pour le FN de "conclure des accords avec d'autres personnalités politiques" (comme le réclamait le courant de Marion Maréchal-Le Pen, provisoirement retirée de la politique). 

Les compteurs à zéro

Comme l'avait annoncé Marine Le Pen, les adhérents sont également sollicités sur un éventuel changement de nom du parti, et sur les personnalités qu'ils souhaiteraient voir émerger au prochain congrès.


Mais surtout, les questions attestent d'une totale remise à plat des thèmes de prédilection du FN, qui ont fait son identité depuis sa fondation par Jean-Marie Le Pen. L'immigration doit-elle rester "l'un des thèmes principaux" ? Faut-il garder les 35 heures ? "Maintenir" l'âge légal de la retraite à 60 ans (alors qu'en réalité, l'âge légal est aujourd'hui de 62 ans) ? L'état-major aborde pêle-mêle la question de l'ISF, de l'uniforme obligatoire à l'école, du service militaire obligatoire, du mariage homosexuel, de la PMA ou encore de l'environnement. 


Bref, un inventaire à la Prévert qui doit, espère le FN,  faire émerger un consensus en vue de refonder le parti. Une chance dans ce grand flou idéologique : il n'y aura pas d'élections avant les européennes de 2019, ce qui laisse un peu de temps pour faire décanter les idées. 

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