Qui est l'avocat Robert Bourgi, le généreux ami qui a offert 13.000 euros de costumes à François Fillon ?

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AFFAIRE - Selon "Le Monde", c'est Robert Bourgi qui a offert pour 13.000 euros de costumes au député de Paris, en décembre 2006 puis en février dernier. Zoom sur un avocat considéré depuis des décennies comme un "vétéran" de la Françafrique.

Nouveau protagoniste dans "l’affaire Fillon." Robert Bourgi, l'ancien conseiller occulte pour l'Afrique à l'Elysée, est le désormais fameux "ami" qui aurait offert 13.000 euros de costumes au député de Paris. Il l'a reconnu auprès de BFMTV, ce vendredi, confirmant une information du Monde. "C'était un cadeau", a-t-il précisé, fait "sans rien attendre en retour". Une révélation qui remet dans la lumière cet avocat souvent associé à la "Françafrique" (terme désignant les relations particulières entre la France et certaines de ses anciennes colonies africaines).


D’origine franco-libanaise, cet homme de 71 ans né au Sénégal dans une famille de commerçants  a longtemps enseigné le Droit en Afrique. Le barreau de Paris, il s'y inscrit en 1993. Mais c'est surtout son carnet d'adresses qui, au fil des ans, lui permettent de devenir une figure de la "Françafrique". Un carnet d'adresses qu'il a cultivé grâce à Jacques Foccart, qui l'a introduit auprès de Jacques Chirac.

Un "grand connaisseur de l'âme africaine"

Son "maître" Jacques Foccart, père de la Françafrique, lui conseillait de "rester à l'ombre pour ne pas attraper de coup de soleil", mais l'avocat Robert Bourgi s'est précipité en pleine lumière en lançant dimanche, dans le JDD, de graves accusations contre la chiraquie. Puis, en 1978, auprès de l'inventeur du concept de Françafrique, le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Sa carrière est lancée.


S'ensuivront vingt ans dans les coulisses du pouvoir, à gérer ses activités de conseiller et d'intermédiaire. Les choses se précipitent en 1997, quand Jacques Foccart meurt. Comme le révèle Le Monde, Robert Bourgi se retrouve les jours des obsèques à l'Elysée, convié par Jacques Chirac. "Vous allez travailler ensemble, Dominique (ndlr : de Villepin)  et vous. Si je ne suis pas disponible, c'est lui qui vous recevra", assure alors le président, selon le quotidien. 

Discret personnage

Conseiller de Villepin, Robert Bourgi rejoint finalement le camp Nicolas Sarkozy, en 2005, alors que se dessine la future campagne présidentielle. Elu, le nouvel hôte de l'Elysée le considère comme un "grand connaisseur de l'âme africaine" le 27 septembre 2007, en lui remettant les insignes de la Légion d'honneur.  "M. Bourgi connaît bien l'Afrique et ses dirigeants. A ce titre, il est utile dans la compréhension que nous avons de ce continent", expliquait en 2009 Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée. Mais "cela ne fait de lui ni notre agent, ni notre porte-parole". C'était le temps où M. Bourgi était sorti de la coulisse en commentant l'éviction en mars 2008 de Jean-Marie Bockel du ministère de la Coopération sur demande, selon lui, du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo.


Discret personnage, Robert Bourgi devient plus médiatique en 2011. Dans un entretien au JDD, il décrit avec luxe de détails des remises de fonds de la part de responsables politiques africains - "plusieurs dizaines de millions de francs", "incalculable!", disait-il - qu'il aurait réalisées auprès de l'ex-président et de l'ancien Premier ministre français entre 1997 et 2005. Une enquête préliminaire avait été ordonnée par le parquet de Paris pour vérifier l'exactitude des faits dénoncés, mais avait été classée sans suite. Jacques Chirac, lui, se désistera en 2013.


Quatre ans plus tard, Robert Bourgi revient dans l'actualité, cette fois-ci à la faveur de l'affaire Fillon. Selon Le Monde, les deux hommes "se connaissent de longue date. En 2012, M. Bourgi s’était rapproché de M. Fillon et lui avait ouvert son carnet d’adresses riche de nombreux dignitaires africains. En novembre 2013, il avait notamment contribué à l’organisation de son voyage au Sénégal, puis en Côte d’Ivoire, où il entretient les meilleures relations. M. Bourgi avait aussi tenté, en vain, de réconcilier MM. Fillon et Sarkozy."

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