Qui est Maurice Genevoix, le romancier blessé à la bataille des Éparges, dont Macron vient d'annoncer l'entrée au Panthéon

Politique
HOMMAGE - Emmanuel Macron a confirmé mardi aux Eparges, dans la Meuse, la prochaine panthéonisation de Maurice Genevoix, l'un de ses écrivains préférés connu pour ses récits sur la Grande Guerre et notamment le chef d'oeuvre "Ceux de 14".

Lors d'un discours mardi matin saluant la mémoire des figures de la Grande Guerre aux Eparges, dans la Meuse, Emmanuel Macron salue a annoncé la prochaine entrée au Panthéon de Maurice Genevoix et de "Ceux de 14", son livre de mémoires. Le président de la République entame sur ce territoire marqué par le conflit en 1915 la troisième étape de son "itinérance mémorielle". L'occasion de rendre hommage à l'un de ses écrivains préférés, Maurice Genevoix. Car le président de la République a un lien particulier avec cet auteur. Sa grand-mère, dont il était très proche, lui lisait les mémoires de cet ancien poilu quand il était enfant. Maurice Genevoix rejoindra donc bientôt la montagne Sainte-Geneviève, à Paris.

Mais qui était Maurice Genevoix ? Cet écrivain est connu pour son récit "Ceux de 14" consacré à la mémoire des poilus et à son roman "Rabiolot", sorti en 1925 et sacré du prix Goncourt. Né le 29 novembre 1890 à Decize, dans la Nièvre, il passe une partie de son enfance à Orléans. A l'âge de 12 ans, il perd sa mère. 


En août 1914, à la mobilisation générale, Maurice Genevoix qui connaît bien l'Allemagne, est élève à l'Ecole normale supérieure. Incorporé comme sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie, il participe à la bataille de la Marne et à la marche sur Verdun. Promu lieutenant, il vit le quotidien du fantassin, la boue, le sang, les orages d'acier, toute cette "farce démente". Le 25 avril 1915, il est grièvement blessé sur la côte des Éparges, un village de la Meuse surmonté d'une colline stratégique qui va engloutir 12.000 hommes en quatre mois.  

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Hospitalisé pendant sept mois, il commence à écrire à partir de notes consignées dans les tranchées. En 1916, il publie "Sous Verdun", un récit dont le réalisme lui vaut d'être largement censuré, "Nuits de guerre" (1917) et d'autres écrits. Invalide à 70%, il est réformé. Son corps n'oubliera jamais la ligne de feu meusienne et ses nuits, témoignera sa seconde femme Suzanne, en resteront hantées.

Un personnage crucial de la vie littéraire du XXe siècle

Elu en 1946 à l'Académie française au fauteuil de Joseph de Pesquidoux, il en devient le secrétaire perpétuel en 1958. "Tu humanisais merveilleusement la  fonction", regrettera Joseph Kessel lorsque Maurice Genevoix, avide de liberté pour écrire, démissionne en 1973. On lui doit l'élection de Paul Morand, Julien Green, Montherlant. Membre assidu de la Commission du dictionnaire de la langue  française, le pétillant conteur chasse les anglicismes de la littérature  scientifique, participe à de nombreuses émissions télévisées et fait revivre tout un vocabulaire vernaculaire délaissé.


A sa mort le 8 septembre 1980, le président Giscard d'Estaing saluera "le premier de nos écologistes", en raison de sa série de bestiaires. Maurice Genevoix avait une fille, Sylvie, elle-même décédée en 2012, était l'épouse de Bernard Marris, l'économiste qui a trouvé la mort dans l'attentat de Charlie Hebdo en 2015. 

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