Qui était Jack Ralite, ancien ministre communiste, décédé à l'âge de 89 ans ?

Qui était Jack Ralite, ancien ministre communiste, décédé à l'âge de 89 ans ?

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DISPARITION - Ancien ministre communiste, homme de culture, élu engagé de Seine-Saint-Denis pendant plusieurs décennies : Jack Ralite est décédé dimanche à l'âge de 89 ans. Un homme politique, donc, mais aussi un homme épris de culture, passionné de théâtre et de littérature.

Une figure du PCF. Jack Ralite, ancien ministre communiste et parlementaire pendant 24 ans, est de écédé cdimanche à l'âge de 89 ans. Communiste dès son plus jeune âge, il consacré sa vie à une passion, la culture, qu'il avait placée au coeur de son engagement politique. Longtemps spécialiste des questions culturelles au PCF, cet autodidacte cultivait un goût immodéré pour le théâtre et la littérature.

Proche des artistes

Maire d'Aubervilliers pendant près de vingt ans (1984-2003), Jack Ralite s'est d'ailleurs souvent enorgueilli d'y avoir installé un théâtre national, un conservatoire et trois bibliothèques. Il évoluait avec aisance dans les milieux artistiques où il comptait de nombreux amis, dont les comédiens et metteurs en scène Jean Vilar et Antoine Vitez.  "Avec Vilar, c'était l'amitié affectueuse, et avec Vitez l'admiration affectueuse", confiait celui qui saluait en Paul Claudel "l'auteur de théâtre le plus grand de notre époque". Egalement grand lecteur, cet amateur de Musil, Gracq, Stendhal, Balzac, Malraux, Brecht ou encore d'Aragon, avouait relire "très souvent, soit pour le travail, soit pour le plaisir".

Journaliste à L'Humanité

Né le 14 mai 1928 à Chalons-sur-Marne (Marne) dans une famille modeste - son père était chauffeur de taxi - Jack Ralite adhère au PCF en 1947. Il est d'abord employé municipal à Stains, une commune de la banlieue rouge parisienne. Remarqué par le Parti, il est envoyé à l'Ecole centrale et devient journaliste à L'Humanité, puis à L'Humanité-Dimanche où il crée la rubrique télé. Il fréquente alors des réalisateurs tels que Pierre Dumayet, Stellio Lorenzi et Claude Barma.


Parallèlement il s'engage dans l'action politique locale. Elu conseiller municipal d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 1959, il est chargé de la culture dans ce fief communiste dont il deviendra maire en 1984. A l'Assemblée nationale, où il siège de 1973 à 1981 comme député de Seine-Saint-Denis, cet homme massif, réputé pour son caractère abrupt et son goût des citations, manifeste le même intérêt pour les questions culturelles. Il devient notamment rapporteur du budget du cinéma.

Pourtant ministre de... la Santé

Il n'est cependant pas nommé ministre de la Culture mais ministre de la Santé lors de la formation du gouvernement Mauroy en 1981, qui comprend trois autres communistes. M. Ralite engage notamment la suppression du secteur privé dans les hôpitaux et se heurte aussitôt à l'hostilité d'une bonne partie du corps médical. Nommé ministre délégué à l'emploi en 1983, il n'occupera ce poste qu'une année.Créateur des Etats-Généraux de la culture en 1987, sénateur de la Seine-Saint-Denis de 1995 à 2011, Jack Ralite a été membre du comité central, puis conseil national du PCF de 1979 à 2000 bien qu'il ait pris ses distances par rapport à la ligne officielle à partir de 1990.


Il réclame alors "un néo-communisme moins monolithique". Au printemps 1991, il fait partie de la trentaine de personnalités qui lancent un appel à "la refondation" de la gauche. Mais à la différence des trois autres anciens ministres communistes des gouvernements Mauroy, Jack Ralite ne quitte pas le PCF. Il devient l'un animateurs du courant des "refondateurs", partisans d'une profonde mutation du Parti, souvent critiques à l'égard de la ligne de la direction.

En 2014 il était à l'initiative d'une lettre destinée à François Hollande et signée par plus de 150 personnalités du monde de la culture qui exprimaient leur "vive inquiétude" quant à la politique culturelle du gouvernement. "La culture n'est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c'est l'avenir, le redressement, l'instrument de l'émancipation", formulait la lettre.

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