Qui sont les 6 maires de France à avoir été révoqués au cours de leur mandat ?

Politique

RÉVOCATION - Stéphane Sieczkowski-Samier, le maire d'Hesdin, est introuvable depuis l'annonce de sa révocation mercredi lors du Conseil des ministres. Une décision inédite qui n'est arrivée que six fois dans l'histoire de la Vème République.

Une décision exceptionnelle. Mercredi 21 août, le Conseil des ministres a prononcé la révocation de Stéphane Sieczkowski-Samier. Si ce n'est pas la première fois qu'une telle décision est prise, les cas de révocation de maires au cours de leur mandat sont rares : 6 maires ont été révoqués depuis le début de la Ve République. Retour sur ces destitutions.

Roger Wahnapo, maire de Lifou (Nouvelle-Calédonie)

En 1967, Lifou devient une commune de droit général français. Son premier maire élu se nomme alors Roger Wahnapo, membre de l'Union calédonienne, un parti politique qui milite pour l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Au cours d'une cérémonie de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, Roger Wahnapo aurait tenu des propos "outranciers." Un comportant qui lui a d'abord valu une suspension de trois mois de ses fonctions de maire par le Haut-commissaire de la République avant d'être révoqué définitivement de son mandat par le Premier ministre.

Raymond Chalvet, maire de Lavelade-d’Ardèche (Ardèche)

En 1985, Raymond Chalvet, maire de la commune de Lavelade-d'Ardèche, est condamné par la cour d'appel de Nîmes à deux ans de prison dont 23 mois avec sursis pour attentat à la pudeur sur mineures de moins de 15 ans. L'année suivante, Raymond Chalvet est révoqué de ses fonctions de maire en Conseil des ministres. Contestant les motivations du décret de révocation, Raymond Chalvet décidé de saisir le Conseil d'Etat. Le juge administratif rejette la demande du maire révoqué compte tenu de "la gravité des faits qui lui étaient reprochés" qui "le privait de l'autorité morale nécessaire à l'exercice de ses fonctions."

Gérard Dalongeville, maire d’Hénin Beaumont (Pas-de-Calais)

Maire d'Hénin Beaumont de 2001 à 2009 sous l'étiquette socialiste, Gérard Dalongeville était accusé de près d'une vingtaine de détournements de fonds publics, de délits de favoritisme, d'usages de faux et de corruption passive. Il est suspendu de ses fonctions de maire en 2009 avant d'être révoqué peu de temps après par une décision prise en Conseil des ministres.

En mars 2010, l'ancien maire est mis en examen pour détournement de fonds publics. Il est condamné en 2013 en première instance à quatre ans de prison, dont trois ferme, et à 50 000 euros d'amende. Il fait toutefois appel de sa condamnation et annonce sa candidature aux prochaines élections municipales d'Hénin-Beaumont. Il est toutefois battu en 2014 par Steeve Briois, le candidat du Front national à l'époque. Il se désiste finalement de son appel fin 2014 et démissionne de son mandat de conseiller municipal.

Ahmed Souffou, maire de Koungou (Mayotte)

Soupçonné d'avoir aidé des étrangers en situation irrégulière contre rémunération, Ahmed Souffou, le maire de Koungou (Mayotte), a été mis en examen en 2010. Des dossiers de demande de visas pour Mayotte mais aussi des attestations d'hébergement au profit de Comoriens désirant obtenir des papiers ont été saisis lors de perquisitions à son domicile. Placé sous contrôle judiciaire, le maire est révoqué par décret du Conseil des ministres en 2011. Décision dont il fait appel devant le Conseil d'Etat. Ce dernier confirme le décret et Ahmed Souffou est définitivement démis de ses fonctions de maire en novembre 2012.

Jean-Paul Goudou, maire de Saint-Privat (Hérault)

Maire de Saint-Privat depuis 2001, Jean-Paul Goudou a été destitué de ses fonctions en août 2013 suite à une condamnation pour faux, usage de faux et escroquerie. Il est pourtant réélu à la tête de sa commune lors des élections municipales de 2014. 

Mais en 2015, il est mis en examen pour escroquerie et usage de faux en écriture publique : la petite commune de Saint-Privat (environ 450 habitants) aurait touché près de 90 000 euros d'aides du conseil départemental pour des travaux qui n'auraient jamais eu lieu. Il est une nouvelle fois révoqué en 2016 et est condamné par la justice à un an de prison dont six mois ferme pour escroquerie et à cinq années d'interdiction de droits civiques. 

Stéphane Sciezkowski-Samier, maire d'Hesdin (Pas-de-Calais)

Élu en 2014 à seulement 22 ans, Stéphane Sieczkowski-Samier était l'un des plus jeunes élus de France. Le maire d'Hesdin est actuellement visé par plusieurs enquêtes, notamment pour acquisition d'armes de troisième catégorie, prise illégale d'intérêt, complicité de faux et usage de faux en écriture publique et détournement de fonds publics. L'ancien élu doit d'ailleurs être jugé avec sa mère pour cette dernière affaire le 12 septembre prochain. 

S'il a perdu sa fonction de maire, il demeure toutefois conseiller municipal d'Hesdin. Problème : les gendarmes n'ont toujours pas pu remettre à Stéphane Sieczkowski-Samier sa révocation en main propre comme l'explique France 3 Hauts-de-France. S'il est pour l'instant introuvable, son avocat précise qu'"il n'est pas en cavale" et que le jeune élu va contester cette décision. 

Stéphane Sieczkowski-Samier a bien eu connaissance de cette décision qu'il semble prendre à la légère, comme en témoigne une publication postée sur son compte Facebook. On y voit le jeune élu en vacances qui semble revenir d'une sortie en catamaran sur un plage aux Bahamas. Une photo qui a pour légende : "Touché mais pas coulé ! A très vite."

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Plusieurs autres élus ont déjà été mis en garde par l'Etat et certains démissionnent même avant qu'une décision de suspension ou de révocation ne tombe à leur encontre. C'est le cas notamment de Jacques Bangou par exemple. Le maire de Pointe-à-Pître a démissionné fin juillet suite à l'ouverture d'une procédure de révocation en raison d'un déficit de 78 millions d'euros de la municipalité. 

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