"Race blanche" : le duel Bartolone/Pécresse vire à la foire d'empoigne en Ile-de-France

Politique

À COUTEAUX TIRÉS - Claude Bartolone a provoqué un tollé à droite en décrivant Valérie Pécresse comme la défenseure de la "race blanche". La confrontation entre le socialiste et son adversaire Les Républicains, qui a décidé de porter plainte, s'envenime dans cet entre-deux-tours des élections régionales en Ile-de-France.

Ils sont au coude-à-coude dans les sondages et lâchent plus que jamais leurs coups. La campagne d'entre-deux-tours des régionales s'envenime en Île-de-France depuis que Claude Bartolone a dépeint Valérie Pécresse comme la candidate de "la race blanche".

"Elle tient les mêmes propos que le FN, elle utilise une image subliminale pour faire peur. Avec un discours comme celui-là, c'est Versailles, Neuilly et la race blanche qu'elle défend en creux", a déclaré mercredi le socialiste à propos de son adversaire Les Républicains, dans une interview à l'Obs . Avant d'en remettre une couche dans la soirée lors d'un meeting, avec la même allusion aux propos polémiques de Nadine Morano : "Que reste-t-il de leurs valeurs républicaines lorsque sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN, à grand coup de race blanche ?", a-t-il lancé devant ses partisans réunis à Créteil.

"C'est abject"

Jeudi, la droite a rivalisé d'indignation. Valérie Pécresse en tête. "C'est abject. J'ai honte pour la politique", s'est-elle emportée sur LCI et Radio Classique . En en profitant, au passage, pour lancer à son tour une pique à son rival, un "homme du système socialiste et des vieilles méthodes politiques", qui "a osé traiter une gaulliste sociale de raciste" et "ne peut pas être président de cette région". Ce jeudi soir, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a décidé de porter plainte pour "injure aggravée", a annoncé son entourage.

Beaucoup de ses camarades sont d'ailleurs montés au créneau, à l'image du patron des députés LR Christian Jacob, qui a invité le président de l'Assemblée "à quitter le caniveau et à remonter sur son perchoir", de Gérard Larcher, le président du Sénat, qui réclame des "excuses", ou de François Fillon, pour qui "Claude Bartolone bascule dans l'infamie".

Mais dans le camp Bartolone, on parle d'indignation "surjouée", de "grosse ficelle", et on souligne que cela "fait des semaines et des mois que la candidate de Nicolas Sarkozy traîne Claude Bartolone et ses colistiers dans la boue". "Ils essaient de jouer sur les deux tableaux : créer la polémique et mettre la lumière sur un thème pour faire un clin d'œil à un électorat que l'on cherche à séduire", celui du FN, a accusé le directeur de campagne du socialiste, Luc Carvounas. La campagne promet d'être particulièrement tendue jusqu'à dimanche.

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