Yannick Jadot sur le silence d'Emmanuel Macron : "Il est dans le déni de la réalité"

Yannick Jadot sur le silence d'Emmanuel Macron : "Il est dans le déni de la réalité"
Politique

RACISME - Invité politique d'Elizabeth Martichoux ce mardi 9 juin, le député européen EELV Yannick Jadot a regretté le silence du président Emmanuel Macron, qu'il a appelé à "agir" contre le racisme dans la société.

"Il est dans le déni de la réalité". Au lendemain d'une série d'annonces du ministère de l'Intérieur, sur le fonctionnement de la police et ses techniques d'interpellation, alors que les forces de l'ordre sont au cœur d'accusations de violences et de racisme, le député européen Europe Écologie-Les Verts Yannick Jadot a regretté le silence du président Emmanuel Macron. "Ce qui me sidère dans la situation, c'est qu'il reste silencieux. (Le racisme) est un poison qui ronge la société, qui humilie chaque jour (...)", a déclaré le leader d'EELV, invité de la matinale de LCI ce mardi 9 juin. "Que le président de la République reste silencieux, comme il a été silencieux sur le sujet des Gilets jaunes, c'est bien que lui-même est dans le déni de la réalité de la société française."

S'il a indiqué que derrière les annonces du ministre de l'Intérieur, "l'engagement le plus fort, c'est de sortir du déni", le député européen a rappelé le président Macron à son "devoir" présidentiel. "Partout dans le monde après l'assassinat de George Floyd, il y a cette parole qu'il faut écouter des personnes qui subissent des humiliations quotidiennes, des humiliations racistes. Et on a un président de la République qui s'exprime souvent sur tous les sujets, et là qui ne s'adresse pas aux Français pour dire 'nous sommes une seule communauté, nous devons nous rassembler, écouter et agir, agir, agir !' C'est son devoir de parler de ce poison qui ronge la société", a-t-il insisté. "Mais pas seulement d'en parler (...) mais d'agir parce que là ça manque terriblement." 

"Ce doit être des actes, pas des paroles"

Dans son propos, Yannick Jadot a rappelé qu'en 2018, Emmanuel Macron a "méprisé publiquement" le plan Borloo, une série de mesures en faveur des quartiers populaires. "Et d'un seul coup, il a semblé en regardant 'Les Misérables' au cinéma découvrir la réalité. Il faut que ce président de la République se coltine beaucoup plus sérieusement la réalité des Français. La réalité, ce n'est pas le cinéma", a lancé le député européen sur LCI. "Faire du racisme, simplement, une affaire de police, c'est faire aujourd'hui une faute politique. Nous devons faire République, nous devons défendre le pacte républicain."

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"Le racisme, c'est un enjeu d'égalité, d'égalité des droits, d'égalité des chances", a-t-il poursuivi. Le président Macron "ne traite pas des inégalités, il ne se saisit pas de ce sujet qui monte dans toutes les sociétés." "La responsabilité du chef de l'État, c'est que quand la jeunesse se mobilise sur un sujet, quand la société voit émerger une parole, qu'elle sort du déni, il doit en construire, il doit donner un débouché à cette parole", a-t-il affirmé. "Ce doit être des actes, pas des paroles. (...) Là aujourd'hui, il n'agit comme pas un président de tous les Français, quand les Français sont divisés et que le racisme apparaît comme une évidence."

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