Radicalisation : le CFCM promet des "annonces très fortes" après sa rencontre avec Macron

Emmanuel Macron et le président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur.
Politique

RELIGION - Emmanuel Macron a appelé lundi les représentants du culte musulman à "combattre" davantage l'islamisme et le communautarisme, responsable selon lui d'une forme de "séparatisme" en France. Après la réunion, le Conseil français du culte musulman a promis des "annonces très fortes" dès mardi.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a promis des "annonces très fortes" dès mardi après une réunion avec le président Macron. Ce dernier "nous a fait passer le message qu'il comptait sur le CFCM pour prendre des initiatives fortes concernant la question de la prévention de la radicalisation, la question de la place du voile dans la religion musulmane, la question de la place des femmes", a déclaré le vice-président de l'instance, Anouar Kbibech, à l'issue de cette entrevue à l'Élysée.

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Le chef de l'Etat a appelé les représentants français du culte musulman à lutter contre une "ambiguïté" qui contribuerait à nourrir l'amalgame entre islam et terrorisme, a indiqué à l'AFP le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui assistait à la réunion. Selon celui-ci, Emmanuel Macron a dit plus généralement "attendre du CFCM un changement de rythme pour qu'il combatte, aux côtés de l'Etat, le communautarisme et l'islamisme".

"Il faut que le CFCM ait une parole forte sur la place du voile, les femmes, l'école. Il faut un discours clair pour ne pas laisser perdurer l'ambiguïté dont s'alimentent les radicaux", a déclaré le chef de l'Etat, en réponse à la récente polémique sur le port du voile lancée par un élu RN en Bourgogne-Franche-Comté.

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Réunion exceptionnelle du conseil religieux du CFCM mardi

"Nous avons assuré le Président de la République de la mobilisation des musulmans de France et plus particulièrement du CFCM", a indiqué Anouar Kbibech après l'entrevue, promettant une "parole claire". Le CFCM a notamment annoncé la tenue d'une une réunion exceptionnelle de son conseil religieux mardi. 

L'instance cultuelle souhaite réaffirmer les différences entre la pratique soutenue de l'islam et les signes de radicalisation, que l'exécutif appelle à mieux détecter depuis l'attaque de la préfecture de police de Paris. "Nous allons saisir le conseil religieux pour travailler sur les signes avant-coureurs de radicalisation religieuse vus par les musulmans parce que jusqu'à maintenant, les signes qui nous sont avancés sont les signes d'un regain de religiosité", a détaillé M. Kbibech.

"Aller à la mosquée, porter une barbe, jeûner le ramadan avec ferveur, ce ne sont pas des signes de radicalisation et cela contribue à un amalgame honteux entre islam, islamisme et terrorisme", a poursuivi le vice-président du CFCM, alors que celui-ci a récemment dénoncé la "banalisation" du discours anti-musulmans.

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Macron promet des mesures dans les semaines qui suivent

Le chef de l'État avait également assuré ne pas vouloir contribuer à la "confusion collective" entre terrorisme et islam dans un entretien diffusé sur RTL lundi mais enregistré trois jours plus tôt, tout en s'inquiétant de la montée en puissance du communautarisme musulman, qui se nourrit d'une vision "dévoyée de l'islam". "Dans certains endroits de notre République il y a un séparatisme qui s'est installé, c'est-à-dire la volonté de ne plus vivre ensemble, de ne plus être dans la République, et au nom d'une religion", avait affirmé le président, promettant des mesures "dans les semaines qui suivent".

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