Edouard Philippe commémore la rafle du Vél d’Hiv : "Les coupables sont Français"

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MÉMOIRE - Dans la droite ligne du discours de Jacques Chirac en 1995, Edouard Philippe a souligné la responsabilité de la France, lors de la commémoration de la rafle du Vel d'hiv de juillet 1942. Le Premier ministre a également annoncé un renforcement des services dédiés à la restitution aux juifs des biens culturels spoliés pendant l'Occupation.

C’est par la lecture d’une lettre d’une petite fille - qui mourra à Auschwitz - qu’Edouard Philippe a commencé son discours. Ce dimanche 22 juillet, à l’emplacement du Vél d’Hiv aujourd’hui détruit, dans le XVe arrondissement parisien, le Premier ministre a célébré la mémoire des Justes de France et des victimes de crimes racistes et antisémites.


"On nous emmène au Vélodrome d'hiver mais il ne faut pas nous écrire maintenant parce que ce n'est pas sûr qu'on restera là. Je t'embrasse bien fort et maman aussi. Ta petite fille qui pense toujours à toi", écrivait cette enfant de 10 ans à son père, il y a 76 ans. Sombre et ému en lisant ses mots, Edouard Philippe a rappelé que comme elle, 13.152 juifs dont 4115 enfants ont été arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 à leur domicile par 4500 policiers français. 

S’inscrivant dans les pas de Jacques Chirac, qui avait reconnu en 1995, la responsabilité de l’Etat dans la rafle qui fut la plus importante de la seconde guerre mondiale, Edouard Philippe a affirmé que "la France a trahi ses citoyens [...], ses valeurs [...], les juifs de France qui sont morts [...]". Et souligné que "les coupables sont connus et se nomment, entre autres, Pierre Laval, René Bousquet, Jean Legay, Louis Darquier de Pellepoix, Emile Hennequin [...], ces coupables sont Français".

Biens culturels spoliés aux juifs pendant l'Occupation

Le Premier ministre a aussi évoqué la création, en 1997, de la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) par Lionel Jospin, alors Premier ministre, et qui a permis de verser "plus de 500 millions d'indemnités au titre des spoliations matérielles et 53  millions d'euros au titre des spoliations bancaires". 


Il a aussi fait état des "nombreuses œuvres dont les juifs ont été spoliés pendant l’Occupation" et qui se trouvent "dans les collections nationales" sans que l'Etat soit "parvenu à les identifier ni les restituer". Un rapport ministériel remis en avril, soulignait que 2108 objets sont concernés, dont 2008 biens culturels sans propriétaire identifié. Il y en avait 2143 il y a 17 ans.


Souhaitant davantage d’efficacité dans ce domaine, le Premier ministre a annoncé qu'il allait attribuer une nouvelle compétence à la CIVS, consistant à "pouvoir recommander la restitution de ces œuvres ou a défaut d'indemniser les personnes concernées". En outre il a également précisé qu'il a "chargé le ministère de la Culture d'instruire directement ces dossiers et de prendre une part plus active dans ce travail de restitution plutôt que de laisser ce soin aux établissements publics culturels". 

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