Reconnaissance de la filiation des enfants nés d’une GPA à l’étranger : Alexis Corbière y voit un "leurre de communication"

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L'INTERVIEW POLITIQUE - Alexis Corbière, député de la France insoumise, était l'invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI ce mardi 10 septembre 2019. L’occasion de revenir sur la question de la reconnaissance de la filiation des enfants nés d’une GPA à l’étranger, les annonces d'Agnès Buzyn pour les urgences ainsi que le procès dans quelques jours de Jean-Luc Mélenchon notamment après la perquisition houleuse au siège de LFI l'an passé.

Le gouvernement s'apprête à "clarifier" la situation des enfants nés de GPA à l'étranger. Celle-ci devrait intervenir par circulaire, comme l'a confirmé le patron des députés LaREM Stanislas Guérini ce mardi. Une circulaire qui doit notamment préciser le statut à venir des "mères d'intention" qui, lors d'une GPA, n'ont pour l'heure aucun lien "officiel" avec le bébé né à l'étranger. Selon France info, cette reconnaissance de la filiation sera automatique. Une information non confirmée par la Chancellerie. Aujourd'hui, selon la loi française, la mère est celle qui accouche. La  conjointe du père biologique et "mère d'intention" de l'enfant née d'une GPA  doit donc faire une demande d'adoption pour se voir reconnue comme la mère à  l'état civil.   

"Cette annonce tombe à un moment étrange, parce que le débat sur la loi bioéthique s’ouvre à l’Assemblée, avec un débat sur la PMA (procréation médicalement assistée) plutôt que la GPA. Attention à une espèce de leurre de communication pour porter l’attention ailleurs. C’est peut-être une petite manœuvre politique pour réveiller d’anciens clivages dans la société ou certains veulent peut-être faire manifester des gens qui sont tellement caricaturaux qu'ils font repoussoir", estime Alexis Corbière.

"C’est curieux, comme façon de faire", s'étonne-t-il. Pour lui, le sujet "aurait pu occasionner un petit débat parlementaire" mais "manifestement, ils n'en ont rien à faire".

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Reconnaissance de la filiation des enfants nés d’une GPA à l’étranger : "C'est une manœuvre politique de leur part", affirme Alexis Corbière

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Sur le fond, le député continue, de toute façon, de se prononcer contre la GPA, comme ses collègues de la France insoumise, "car elle risque de créer une marchandisation du corps". Il "ne souhaite pas que des femmes favorisées issues de pays favorisés se tournent vers des personnes dans le besoin", préférant qu’on "facilite l’accès à l’adoption". En outre, l’élu de l’est parisien ne veut pas que la GPA soit mentionnée sur l’état civil. "Il ne doit pas y avoir de différence entre les enfants selon la manière dont ils sont nés", argue-t-il.

Les annonces d'Agnès Buzyn pour les urgences ? "Le compte n'y est pas"

Le  "pacte de refondation" à 750 millions d’euros pour les urgences annoncé lundi par Agnès Buzyn, la ministre de la santé. Pour Alexis Corbière, "le compte n’y est pas". Il développe : "Cela fait 250 millions par ans, cela correspond aux réserves que les hôpitaux avaient déjà. Ce n’est ni un gros chèque, ni un effort conséquent. Y aura-t-il des lits supplémentaires ? Les conditions de rémunération seront-elles améliorées ? Y aura-t-il des postes ouverts ? Non ! Si vous ne donnez pas des moyens réels, vous pouvez créer toutes les plateformes que vous voulez, cela ne changera rien."

"Un procès et un acharnement politiques"

Le député a enfin été interrogé sur le procès à venir le 19 septembre, à Bobigny, pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation", visant Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise depuis une perquisition agitée au domicile du président de groupe et dans les locaux du parti en octobre 2018. "Un procès et un acharnement politiques", insiste-t-il à ce sujet.

 

"Quand 110 policiers sont mobilisés pour seulement quelque personnes, vous trouvez cela normal ? Quand un député FN dénonce les pratiques de 16 députés, pourquoi poursuivre le seul Jean-Luc Mélenchon ? Pourquoi lui avoir interdit l’accès au local alors que moi, on m’a laissé entrer ? Le pouvoir veut nous salir, nous éclabousser, s’enflamme-t-il. Je risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement, c’est très grave ! Les images diffusées par M. Barthès dans Quotidien, elles sont coupées. On me voit dire aux policiers dire d’arrêter d’être violents, mais on ne voit pas lesdites violences. Pour un homme comme moi, respectueux de la loi, c’est une humiliation."

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