Reconnaissance de la Palestine : "Ce n'est pas le rôle du Parlement", plaide Christian Jacob

Reconnaissance de la Palestine : "Ce n'est pas le rôle du Parlement", plaide Christian Jacob

INTERVIEW - Les députés discuteront vendredi d'une proposition de résolution socialiste invitant le gouvernement à reconnaître l'Etat de Palestine, avant un vote prévu mardi. Le président du groupe UMP Christian Jacob explique à metronews pourquoi ses troupes s'y opposent.

Le groupe UMP a-t-il défini une position sur cette résolution ?
Nous arrêterons notre position le jour du vote, mardi prochain, lors de la réunion du groupe. Mais nous sommes très, très majoritairement opposés à cette résolution. On verra si on l'exprime en ne participant pas au vote, c'est-à-dire en ne cautionnant pas le principe de cette résolution, ou en votant contre dans l'hémicycle.


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Pourquoi y êtes-vous opposés ?

La première raison, c'est que c'est contraire aux pratiques institutionnelles sous la Ve République, où le Président est le chef de la diplomatie et où la reconnaissance des Etats relève de l'exécutif. Ce n'est pas le rôle du Parlement, contrairement à certains autres pays. Et sur le fond, elle est en rupture avec la position continue de la France, de De Gaulle à Sarkozy en passant par Mitterrand, qui a toujours été favorable à la reconnaissance de l'Etat palestinien et à la coexistence des deux Etats, mais au terme d'un processus de paix abouti. Les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui.

La tradition de la France, depuis Mitterrand, n'est-elle pas justement de faire un pas en avant quand ce conflit est dans l'impasse ?
Tout à fait, mais c'était valable avec un président de la République qui avait l'autorité politique pour prendre des initiatives. Ce qui change, c'est qu'on a aujourd’hui un Président qui n'existe pas et qui se défausse sur une résolution. Une opération qui permet une fois de plus à François Hollande de ne pas trancher. La France peut être en initiative, mais par la voix du chef de l'Etat.

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N'est-ce pas là une vision étroite de la démocratie parlementaire ?
Non, c'est le respect des institutions de la Ve, auxquelles je suis très attaché. Et puis s'il y avait eu la volonté d'aboutir à une position consensuelle à l'Assemblée, il y aurait d'abord eu un travail avec l'ensemble des groupes parlementaires, lors d'un débat en commission des Affaires étrangères. Mais une résolution comme celle-là affaiblit la position de la France : soit le Président s'estime lié par elle et sa parole est donc affaiblie, soit il s'en affranchit mais alors, pourquoi la laisser faire ?

Sommes-nous condamnés à l'impuissance sur le conflit israélo-palestinien ?
Non, mais un peu d'humilité : quelques députés ne vont pas résoudre le conflit israélo-palestinien avec une résolution débattue en catimini, un vendredi matin, à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas sérieux. C'est une question qui se traite au niveau des Etats et des chefs d'Etat.

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