Référendum en Nouvelle-Calédonie : victoire du "non", percée des indépendantistes, débordements... retour sur une journée historique

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Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

COMPTE-RENDU - La Nouvelle-Calédonie a choisi de rester dans le giron français ce dimanche. Après trente ans d'attente, les néo-calédoniens étaient 56,4% à s'être exprimés contre l'indépendance. Retour sur cette journée historique.

Dimanche 4 novembre, les électeurs étaient invités à répondre à cette question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?" Ce à quoi, selon les résultats définitifs, 56,4% des électeurs ont répondu "non". Des chiffres en-deçà des prévisions, qui s'expliquent par une participation massive, avec 80,63 % de la population qui s'est rendue aux urnes. Compte-rendu de la journée après ce scrutin historique. 

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Les réactions en métropole

Dans une allocution télévisée très solennelle, Emmanuel Macron a exprimé son "immense fierté" d'avoir "passé ensemble cette étape historique. Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'Etat, que la majorité des Calédoniens aient choisi la France." Depuis l’Elysée, le chef de l'Etat a ajouté qu'il n'y avait désormais "pas d'autre chemin que celui du dialogue". Le président a également invité "chacun à se tourner vers l'avenir" afin de "préserver l’acquis de 30 années de dialogue et de paix" depuis les accords de Matignon.Désormais, c’est le premier ministre qui est attendu. Édouard Philippe sera sur place dès lundi afin de "rencontrer l'ensemble des forces politiques" et "discuter" de l'avenir de ce territoire stratégique.

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Du côté de l’opposition, Laurent Wauquiez, président des Républicains, a réagi dans un communiqué en citant le général de Gaulle. "En ce jour si important pour  le Caillou, je garde en tête ces mots du général de Gaulle adressés il y a 52 ans aux Calédoniens : 'Vous avez un rôle français à jouer dans cette partie du monde. Vous êtes un morceau de la France, vous êtes la France Australe."

De son côté, le groupe La France Insoumise a voulu exprimer sa "déception pour tous ceux qui  croient à la nécessité d'une pleine souveraineté des populations de l'archipel." Les députés ont donc adressé un "salut républicain confiant dans l'avenir de la paix et de la souveraineté populaire."

De l'autre côté de l'échiquier politique, Marine Le Pen a salué, dans un communiqué, "un choix en faveur d’un avenir français". La présidente du Rassemblement national demande d'ores et déjà "un nouveau texte qui ancrera définitivement la Calédonie (sic) à la France". Une joie partagée par son ancien bras droit, Florian Philippot. Eurodéputé et chef de file des Patriotes, il a partagé son contentement sur Twitter : "Quel bonheur ce choix clair, net et précis pour la France! Vive l'outre-mer !"

Percée des indépendantistes

Mais si les Néo-calédoniens ont dit oui à la France, le résultat a surtout été fêté du côté des indépendantistes. Car, alors qu'ils

n’étaient jamais crédités à plus de 30% des voix, ils ont réalisé une formidable percée, mobilisant près de 44% des électeurs. Forts de ce score, les partisans de l’indépendance ont donc aussitôt rappelé qu’ils comptaient aller jusqu’au bout de l’accord de Nouméa. Signé en 1998, il prévoit notamment l’organisation de deux autres référendums dans les quatre ans à venir.

De quoi pousser Louis Mapou, chef du groupe indépendantiste UNI-FLNKS, à dire qu'ils sont prêts pour l'avenir. Interrogé par l'AFP, il a déclaré : "Dès demain, on va préparer la mariée pour qu'elle soit encore plus belle en 2020." Alors, l'ambiance était plus festive chez les perdants que les vainqueurs. Car de leurs côtés, les trois partis loyalistes avaient espéré une large victoire afin d’éloigner le plus possible la perspective d’un nouveau scrutin.

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Incidents en marge

Si le scrutin s'est, dans l'ensemble, déroulé dans le calme, quelques incidents ont tout de même été signalés en fin de soirée. Vers 23h, dans les quartiers populaires au nord de la capitale néo-calédonienne, plusieurs voitures ont été brûlées et des "faits de caillassage" ont été signalés. Des faits rapportés par Thierry Lataste, Haut-commissaire de la République, qui a également indiqué que deux jeunes avaient été interpellés. 

Un incendie a également touché une ancienne animalerie en plein centre-ville. Et non loin de là, à Saint-Louis, dans un lieu qui est régulièrement le théâtre de violents incidents, des jeunes ont tenté de bloquer la route principale avec des pneus enflammés, avant l’intervention des forces de l'ordre. 

Mais "le Caillou" était bien préparé à gérer de tels incidents. Ainsi, en amont du scrutin, plus de 800 hommes avaient été envoyés en prévision depuis la métropole. Car les autorités craignaient des débordements de la part d'une partie de la jeunesse kanake, particulièrement marginalisée du fait des inégalités criantes entre les différentes communautés. Au total, c’était donc plus de 1400 gendarmes qui étaient déployés dans tout l'archipel en renfort des effectifs postés sur l'île. 

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