Réforme de l'assurance chômage : le gouvernement n'a "aucun tabou", assure Muriel Pénicaud

ALLOCATIONS - La ministre du travail Muriel Pénicaud a assuré dans Le Grand Jury que le gouvernement n'avait "aucun tabou" au sujet de la réforme de l'assurance chômage.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué dimanche que le  gouvernement "n'avait aucun tabou" sur la nouvelle réforme de l'assurance-chômage, y compris au sujet de la dégressivité des allocations chômage. "On a des règles de l'assurance chômage qui n'incitent pas au travail", a affirmé Muriel Pénicaud dans "Le Grand Jury" RTL/Le Figaro/LCI  ce dimanche. L'assurance-chômage des cadres est celle dont le plafond est le plus haut en Europe, leurs indemnités chômage mensuelles peuvent aller jusqu'à 6200 euros. Une somme qui, si on suit le gouvernement, pourrait inciter les populations concernées à rester au chômage plutôt que chercher activement un travail. 


Dans la ligne de l'accord Unedic conclu début 2018 par les partenaires sociaux, le projet de loi confirme l'extension des indemnités chômage aux salariés démissionnaires et aux indépendants. Mais des critères restrictifs ont été ajoutés à la promesse de campagne initiale d'Emmanuel Macron. Pour les démissionnaires, l'ouverture des droits devrait être conditionnée par une durée d'affiliation minimale de cinq ans, la poursuite d'un projet d'évolution professionnelle "présentant un caractère réel et sérieux", dans le cadre d'une reconversion, d'une formation ou d'une création d'entreprise. 

En vidéo

Assurance-chômage : l'indemnisation revue pour les cadres ?

Pour les travailleurs indépendants, l'ouverture de l'indemnisation sera conditionnée à un jugement de liquidation judiciaire, une procédure de redressement judiciaire, et des critères de ressources, ce qui limitera le nombre de bénéficiaires potentiels. 

Dans un entretien accordé aux Echos ce dimanche, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a plaidé pour le changement des règles d'indemnisation du régime d'assurance chômage. Il appelle à "remettre complètement le système à plat" et envisage la création d'"une allocation  universelle forfaitaire financée par la CSG, gérée par l'Etat, qui intégrerait  l'ASS (Allocation de solidarité spécifique, attribuée aux personnes ayant  épuisé leurs droits au chômage, ndlr) et potentiellement d'autres minima sociaux".


Selon une étude mise en ligne lundi 20 août par Pôle emploi, 12% des demandeurs d'emploi ne cherchent pas activement un emploi. Un taux qui baisse à 8% chez les bénéficiaires de l'assurance chômage. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Impôts et prélèvement à la source : le grand basculement

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter