Assurance chômage : Pénicaud veut 1 milliard d'euros d'économie par an, les syndicats déjà remontés

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NÉGOCIATIONS - La ministre du Travail Muriel Pénicaud a précisé ce vendredi les objectifs du gouvernement pour la réforme de l'assurance chômage. Sans révéler la "lettre de cadrage" sur laquelle les partenaires sociaux devront se prononcer, elle insiste sur le poids des contrats courts et la nécessité d'économiser.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a dévoilé ce vendredi aux partenaires sociaux les grandes lignes de ce que veut le gouvernement pour la réforme de l'assurance chômage. Le directeur de cabinet de la ministre a présenté dans l'après-midi à huit syndicats patronaux et de salariés des éléments de la "lettre de cadrage" - celle-ci leur sera envoyée la semaine prochaine - qui doit servir de base aux futures négociations, et qui doit répondre aux deux objectifs de l'exécutif : "inciter au retour à l'emploi" et "lutter contre la précarité".

À l'issue de cette réunion, débutée à 14 heures, les partenaires sociaux ont annoncé que le gouvernement réclame entre 3 et 3,9 milliards d'économies sur 3 ans, soit 1 à 1,3 milliard par an. Dénonçant une "logique budgétaire", ils se laissent, pour les syndicats, jusqu'à la "semaine prochaine" pour décider d'entrer ou non dans les négociations. Le Medef, le syndicat patronal, se laisse quant à lui "quelques semaines".


La décision des partenaires sociaux dépendra du contenu détaillé cette lettre de cadrage. Les syndicats de salariés avaient déjà fait savoir qu'ils n'accepteront pas de négocier sur la dégressivité des indemnisations chômage. Quant au Medef, il s'oppose fermement à tout système de "bonus-malus" sur les contrats courts.

Ce n'est pas le rôle du gouvernement de dire comment on va faireMuriel Pénicaud

Invitée sur LCI en fin de journée, Muriel Pénicaud a insisté sur la volonté de désendetter l'Unédic, dont la dette est évaluée à 35 milliards d'euros. "C'est aux partenaires sociaux de décider si parmi les solutions, ils veulent la dégressivité", a ajouté la ministre, qui a pointé le rôle des contrats courts dans le développement de la précarité, très coûteuse pour l'Unédic.

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Muriel Pénicaud dénonce le recours intempestif aux contrats courts

Avant ces précisions, plusieurs syndicats doutaient déjà des intentions de l'exécutif. C'est le cas du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui avait pourtant indiqué en juillet qu'il irait négocier. "Je soupçonne surtout le gouvernement de nous tendre un piège", disait ce dernier à l'approche de la réunion de ce vendredi. "Nous attendons la lettre de cadrage mais je redoute qu'elle ne pose des objectifs inatteignables", ajoutait-il. Pour la ministre du Travail "la négociation est possible, mais c'est entre leurs mains".

83% des CDD durent moins d'un mois, contre 57% en 1998

Plusieurs éléments de la réforme de l'assurance chômage ont déjà été officiellement évoqués avant les annonces de ce vendredi. L'exécutif souhaite par exemple revoir le système "activité réduite" ou "cumul emploi chômage" qui permet à environ 800.000 personnes de toucher une allocation chômage et un petit salaire. Les femmes et les seniors, qui travaillent par exemple comme intérimaires ou assistantes maternelles, sont particulièrement représentés parmi les bénéficiaires.


L'exécutif remet également sur la table une promesse du candidat Macron pas encore mise à exécution et particulièrement redoutée des syndicats patronaux : le bonus-malus imposé aux entreprises qui abusent des contrats courts. Le nombre de CDD s'accroît en effet, et leur durée moyenne raccourcit. Un tiers de ces CDD ne durent en effet qu'une journée et 83% durent moins d'un mois, contre 57% en 1998.

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