Réforme de la SNCF : après leur rencontre avec Philippe, CFDT et Unsa donnent des signes d'ouverture

NOUVEAU ROUND - Après plusieurs semaines de conflit social à la SNCF, le Premier ministre a rencontré les syndicats ce undi afin de leur proposer un nouveau cycle de négociations. Si l'ensemble des organisations appelle toujours à la poursuite du mouvement, la CFDT et l'Unsa entendent néanmoins peser dans les discussions qui vont notamment se dérouler au Sénat à partir de la fin du mois.

Un front toujours uni, mais des stratégies qui se distinguent. Après leur rencontre, lundi, avec le Premier ministre, les syndicats ont appelé à la poursuite du mouvement de grève à la SNCF. Mais deux d'entre eux, la CFDT et l'Unsa, ont montré quelques signes d'ouverture aux propositions d'Edouard Philippe d'engager de nouvelles discussions.


Le chef du gouvernement a indiqué, au terme de cette rencontre, que le gouvernement se montrerait "ferme" sur les grands axes de la réforme, dont la fin du statut des cheminots et la mise en concurrence de la SNCF. Mais il a précisé que "la fermeté n'interdit ni l'ouverture, ni la discussion". "Nous sommes prêts à discuter avec les organisations syndicales avant le passage au Sénat (ndlr : prévu le 25 mai) de certains amendements de finalisation", a-t-il précisé. "Je retiens de ces échanges qu'au moins deux organisations syndicales ont fait état de propositions qui permettront de nourrir ces discussions." 

La CFDT apportera ses amendements

Le message d'Edouard Philippe s'adressait tout particulièrement au patron de la CFDT, Laurent Berger, dont le syndicat va proposer une quarantaine d'amendements dans le cadre de second cycle de négociations. "Aujourd'hui le dialogue a eu lieu", s'est d'ailleurs félicité Laurent Berger. "Le Premier ministre a dit qu'on allait travailler avec la ministre des Transports sur des amendements lors du passage du texte au Sénat, puis lors du dernier passage à l'Assemblée. La CFDT ne va pas attendre. Durant ces quinze jours, elle va être pro-active", a indiqué le syndicaliste à LCI, tout en appelant les cheminots à "se mobiliser".

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Laurent Berger : "On appelle les cheminots à se mobiliser"

Constat similaire à l'Unsa, l'autre syndicat qualifié de "réformiste" sur lequel le gouvernement compte s'appuyer. Si l'organisation déplore dans un communiqué une réunion où "rien de concret" n'a été mis sur la table, tant sur le plan des "aspects sociaux" de l'ouverture à la concurrence que sur les investissements de l'Etat dans le ferroviaire, son secrétaire général, Luc Bérille, a salué "un certain nombre d'engagements en termes de discussion". 

"Je pense donc tu suis"

Les autres syndicats reçus ce lundi par Edouard Philippe n'ont pas retenu exactement les mêmes enseignements de cette rencontre. "On ressort motivés pour continuer", a assuré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, appelant à la poursuite du mouvement. "Le Premier ministre n'a pas dit autre chose que ce qu'il avait dit avant que l'on ne rentre." L'organisation a estimé que les annonces, et notamment la possibilité d'amendements ne modifiant "qu'à la marge" le projet de réforme, restent "très éloignées des attentes des grévistes". 


Même appréciation chez Sud Rail et FO. Pour son secrétaire général, Pascal Pavageau, "on nous explique que rien ne doit bouger". "La méthode est toujours la même, c'est 'je pense donc tu suis'. On décide unilatéralement, et puis vous vous débrouillez comme vous pouvez, pour négocier à l'échelle de la branche. Ce n'est pas acceptable."

Négociation en interne

Outre ces amendements de "finalisation" qui pourraient intéresser les syndicats "réformistes", Edouard Philippe a annoncé  son souhait de permettre aux négociations de se poursuivre au sein de la branche et de l'entreprise, directement entre les syndicats et la direction de la SNCF. "Une main tendue", s'est d'ailleurs réjoui le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, qui y voit une occasion d'avancer sur "six ou sept sujets concrets". 

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Guillaume Pépy : "Il y a une nouvelle étape qui s'ouvre"

Une façon pour le gouvernement de renvoyer à nouveau la balle dans le camp des organisations syndicales. Le Premier ministre a d'ailleurs donné à celles-ci et à la direction de la SNCF quinze jours pour s'accorder sur un "agenda social précis". Au menu : les rémunérations, l'organisation des parcours professionnels et les critères de transfert de la future réforme. 

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Gérard Larcher : "La réforme est nécessaire, l'état de la SNCF est insupportable pour l'avenir"

Lundi soir, sur LCI, le président du Sénat Gérard Larcher a estimé qu'il fallait "saisir la main tendue" de la CFDT à l'aune des débats qui se dérouleront au Parlement. "Nous sommes prêts pour que le dialogue social, qui est un des éléments qui manquent depuis quelque temps, ait lieu au Sénat", a conclu le sénateur LR. Reste à savoir quels syndicats seront prêts à négocier, le moment venu, dans ce cadre. 

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Réforme de la SNCF : bras de fer entre le gouvernement et les syndicats

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