Emmanuel Macron ne veut plus supprimer l'ENA, mais l'ouvrir aux "talents"

Emmanuel Macron ne veut plus supprimer l'ENA, mais l'ouvrir aux "talents"

HAUTE FONCTION PUBLIQUE - Emmanuel Macron a présenté ce jeudi les contours de la réforme des écoles de la haute fonction publique. L'objectif est de décloisonner ces grandes écoles en permettant à des étudiants d'origine plus modeste de concourir. L'Élysée préfère parler de "voie dédiée" plutôt que de "discrimination positive".

L'École nationale d'administration (ENA) a échappé à la fermeture, mais au prix d'une mutation. Emmanuel Macron a présenté ce jeudi, lors d'une visite à l'Institut régional d'administration (IRA) de Nantes, les contours de son projet de transformation de la haute fonction publique, une réforme précédée, début 2020, par le rapport du haut fonctionnaire Frédéric Thiriez. 

Si le chef de l'État avait émis l'hypothèse d'une suppression pure et simple de l'ENA - dont il est lui-même issu - durant la crise des Gilets jaunes, le rapport Thiriez avait déjà mis de l'eau dans le vin, il y a un an, en préconisant une mutation de la grande école au profit d'une "école d'administration publique" dédiée à la formation de tous les hauts fonctionnaires. Il avait également proposé la création d'un concours spécial "égalité des chances" devant permettre aux étudiants les plus modestes d'accéder aux écoles du service public, à hauteur des 10 à 15% des effectifs. 

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Exit, donc, la suppression de l'ENA. Jeudi, Emmanuel Macron a livré les pistes retenues pour ouvrir la formation de l'élite républicaine à des parcours de vie plus variés. L'objectif, indiquait mercredi l'Élysée à LCI, est de "lutter contre le manque d'ouverture - reproduction sociale, manque de diversité sociale, économique, territoriale, culturelle - et le manque d'attractivité" de la haute fonction publique. 

15% des effectifs issus des concours "talents"

Partant du constat que l'ENA, par exemple, ne compte que 1% d'ouvriers, contre 5% en 2006, l'exécutif veut "réparer l'ascenseur social" et "chercher les futurs talents de la fonction publique". Pour remettre de l'oxygène dans les cinq écoles de la haute fonction publique (ENA, INET, EHESP, ENSP, ENAP), 1000 places supplémentaires seront ouvertes en 2021 dans le cadre de classes préparatoires "talents" et le maillage territorial des classes préparatoires sera revu, à raison de deux par région. 

En outre, selon les éléments fournis par l'Élysée, un concours "talents" spécifique sera lancé et les étudiants concernés viendront s'ajouter aux lauréats des concours externes. Si l'exécutif refuse d'introduire des quotas, le nombre de places ajoutées via cette filière représentera 15% des places du concours externe. Dans le cas de l'ENA, cela représentera 6 élèves en 2021, en plus de 40 élèves recrutés via le concours externe. Pas question de parler de "discrimination positive". Il s'agit, assure-t-on à l'Élysée, de créer une "voie dédiée"

La réforme de la haute fonction publique "pas abandonnée"

Plus largement, la réforme de la haute fonction publique, également promise par Emmanuel Macron, "n'est pas abandonnée, bien au contraire", assure l'Élysée, invoquant un ralentissement dû à la crise sanitaire. 

L'initiative s'inscrit dans un agenda dédié à l'égalité des chances, l'un des chantiers de la fin du quinquennat. Vendredi, Emmanuel Macron lancera la "plateforme anti-discrimination", censée permettre de signaler toute forme de discrimination, notamment sociale, d'âge ou de genre, à l'occasion d'un autre déplacement. Cette plateforme proposera un numéro unique (le 39 28) et un chat auprès d'écoutants spécialisés, avec un effectif de départ d'une vingtaine de personnes. 

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