49-3 : deux députés LaRem quittent leur groupe à l'Assemblée, un troisième annonce qu'il s'abstiendra

Réforme des retraites : nouvelle journée de mobilisation ce mardi
Politique

PARLEMENT - Les députés Hubert Julien-Laferrière et Delphine Bagarry ont décidé de quitter le groupe La République en marche à l'Assemblée nationale après la décision du gouvernement de recourir au 49-3.

Le groupe La République en marche compte deux parlementaires de moins. Ce lundi, Hubert Julien-Laferrière (Rhône) et Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence) ont annoncé leur décision de quitter le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale. La raison ? Le choix du gouvernement de recourir au 49.3 pour faire adopter son projet de réforme des retraites.

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"Alors que depuis 15 mois le pays est, avec la crise des Gilets jaunes puis la réforme des retraites, secoué par des mouvements sociaux d'une intensité rarement atteinte, je ne me résigne pas à laisser jeter à nouveau le discrédit sur le Parlement", a écrit le député du Rhône dans un communiqué titré "pourquoi je quitte le groupe". "L’usage de l’article 49.3 de la Constitution par le Premier ministre va attiser les tensions et aboutir à l’adoption d’une loi capitale sans vote et sans que les représentants de la nation aient pu débattre jusqu’au bout", continue le parlementaire. 

Le député reste "apparenté LaREM"

Le député partage les responsabilités. Cette situation incombe à l'opposition et à "la stratégie d’obstruction" qu'elle a employée mais aussi au "gouvernement qui, à la suite de l’avis très défavorable du Conseil d’Etat sur sa réforme des retraites, n’a pas su convaincre à ce stade du bien-fondé de sa réforme". Dans son communiqué, le parlementaire indique qu'il ne votera "pas les motions de censure car chacune des oppositions aura également fortement contribué à ce discrédit".

Toutefois, Hubert Julien-Laferrière, élu depuis juin 2017, reste dans un premier temps "apparenté LaREM" à l'Assemblée, a indiqué son entourage à l'AFP. Quant à son départ du mouvement LaREM, il a fait savoir à l'AFP que le député "se laissait le temps de la réflexion". 

Une utilisation "inappropriée du 49.3"

De son côté Delphine Bagarry a expliqué dans un communiqué transmis à l'AFP qu'elle ne se reconnaissait pas "dans la méthode du gouvernement et l'utilisation inappropriée du 49.3". Elle déplore notamment que "l'enchaînement et la multiplicité des réformes précipitées ne laissent pas le temps de la concertation et obligent le recours aux ordonnances ou au 49.3 qui confèrent à l'exécutif une mainmise écartant de fait les parlementaires et les citoyen.ne.s de toute discussion ou amélioration". 

Cette élue de l'aile gauche qui avait co-signé récemment une tribune pour s'opposer par avance au recours au 49.3, a indiqué également que dans un premier temps elle siégerait parmi les non-inscrits. 

Dimanche, le sénateur Michel Amiel (Bouches-du-Rhône) avait déjà annoncé son départ du parti de la majorité. Depuis le début de la législature, le groupe macroniste a prononcé trois exclusions et enregistré une douzaine de départs volontaires, sur fond de conflits sur la ligne de La République en marche ou de désaccord pour les municipales. Un troisième député, l'élu du Gard Olivier Gaillard, a annoncé de son côté qu'il ne prendrait pas part au vote, refusant de donner son "aval à des techniques telles que l'obstruction et le 49-3".

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