Réforme des retraites : âge d'équilibre, durée de cotisation... Macron remet une pièce dans la machine

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La réforme des retraites, dossier explosif pour l’exécutif

PATIENCE - Emmanuel Macron a indiqué, ce lundi 26 août sur France 2, sa préférence, dans le projet de refonte du système des retraites, pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu'à l'âge de départ. Un revirement par rapport aux options privilégiées par le haut commissaire à la réforme.

Il n'a pu échapper à la question. A l'issue du G7, Emmanuel Macron, invité du journal télévisé de France 2, a été invité à réagir sur le thème de la réforme des retraites. Le président français a apporté des précisions importantes. Pour "que ce soit juste en termes de cotisations (...), je préfère qu'on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge", a-t-il plaidé. "Car si vous avez un accord sur la durée, si vous commencez plus tard, vous finissez plus tard, et quand vous commencez plus tôt vous partez plus tôt", a-t-il ajouté changeant les cartes du jeu utilisées jusqu'à présent dans ce dossier des plus sensibles, les responsables de la réforme dans la majorité plaidant, pour leur part, pour un âge d'équilibre.

 Ce dernier était lourdement critiqué par les différentes oppositions, droite parlementaire exceptée, en ce qu'il obligeait les travailleurs les moins rémunérés à travailler plus longtemps pour s'assurer une pension digne de ce nom. Une décote était en effet anticipée pour tous ceux qui feraient le choix de partir en retraite plus tôt. C'était même une option privilégiée par son propre Premier ministre, lors de son dernier discours de politique générale.

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Mais au-delà du mode de fonctionnement, Emmanuel Macron a voulu se montrer pédagogue en évitant d'afficher un côté autoritaire. "Je veux que cette réforme incarne un changement de méthode", a-t-il poursuivi. "On va la construire tous ensemble cette réforme", a-t-il assuré, évoquant, "plus qu'une concertation", "une grande négociation", "un grand débat". "Rien n'est décidé" à ce stade, a-t-il affirmé. "Il y a certaines professions qui - si on fait les choses mécaniquement - seraient lésées : infirmières, aides-soignants, enseignants", a souligné le chef de l'Etat, selon qui "il n'y aura pas de réforme des retraites tant qu'on n'aura pas bâti une vraie transformation de ces professions."

Les syndicats ne veulent pas du "taux plein"

L'âge de départ à la retraite concentre une grande partie des débats autour du futur "système universel" des retraites prévu pour 2025. Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui a rendu ses préconisations mi-juillet, a recommandé un "taux plein" à l'âge "pivot" de 64 ans, assorti d'un système de décote/surcote. Les syndicats ont rejeté l'hypothèse d'un âge de "taux plein" à 64 ans pour tous, y compris la CFDT de Laurent Berger qui y a vu un "point rouge". En reparlant de la durée de cotisation, Emmanuel Macron renvoie "à l'option d'un âge d'équilibre individuel" et non plus unique, a commenté lundi soir sur Twitter le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier. 

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Réforme des retraites : "Rien n'est décidé"

Mais ce "qui pourrait apparaître comme une position moins arbitraire va conduire beaucoup de personnes à travailler au-delà de 64 ans", a-t-il estimé, soulignant que "personne n'est dupe" et réaffirmant son opposition à "un système universel par points, qui rendra plus difficile d'atteindre le même niveau de pension". Une phase de dialogue autour du rapport Delevoye doit désormais s'ouvrir. Les partenaires sociaux seront reçus à Matignon les 5 et 6 septembre. Plusieurs syndicats ont annoncé une mobilisation de leurs troupes, notamment FO le 21 septembre et la CGT le 24.

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