Retraites : âge pivot, pénibilité... ce qui peut encore être négocié entre syndicats et gouvernement

Retraites : âge pivot, pénibilité... ce qui peut encore être négocié entre syndicats et gouvernement
Politique

BRAS DE FER - Les syndicats doivent être reçus par le Premier ministre cette semaine pour discuter de certains points du projet de loi du gouvernement, parmi lesquels l'âge pivot, le minimum de pension ou la mesure de la pénibilité.

Gouvernement et syndicats campent sur leurs positions. Pourtant, cette semaine, ils sont de nouveau appelés à négocier et discuter pour se mettre d'accord et tenter de trouver une sortie de crise avant les fêtes de fin d'année. Objectif principal pour le Premier ministre Edouard Philippe : convaincre les syndicats réformistes que sont la CFDT et l'Unsa, favorables à une régime universel, tandis que la CGT et FO continuent pour leur part de demander le retrait pur et simple de cette réforme des retraites. Alors sur quels points se jouera le succès des négociations ?

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L'âge pivot

Le souhait du gouvernement d'instaurer un âge pivot à 64 ans a mis le feu aux poudres et poussé la CFDT et l'Unsa à rejoindre le camp des opposants à la réforme, appelant leurs adhérents à descendre dans la rue ce mardi 17 décembre. Et c'est sur ce point que le gouvernement a le plus de chances de calmer la mobilisation. "Il faut sortir de la loi immédiatement cette idée de travailler plus longtemps, mais c'est inévitablement ce à quoi conduit ce système par points", a déclaré le secrétaire général de FO Yves Veyrier lors du Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro. "C'est très simple : pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer 'l'âge d'équilibre'. Un point, c'est tout", a prévenu Laurent Berger (CFDT) dans les colonnes du JDD.

Essayant de se montrer ouvert sur ce sujet, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a assuré sur LCI que l'âge pivot n'est pas "le totem de la réforme". "Le fondamental de la réforme c'est la retraite à points et le fait d'arriver à plus d'égalité plus de justice entre tous les Français", a-t-il fait valoir. "La question de l'âge pivot est un des moyens, un chemin que propose le gouvernement" mais "tout se discute", a-t-il ajouté. Interrogé sur la possibilité d'abaisser cet âge à 63 ans, il a expliqué que rien n'était exclu.

Samedi, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, avait elle aussi rappelé que l'âge pivot à 64 ans pour la retraite était "négociable".

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La pénibilité

Le gouvernement veut ouvrir aux fonctionnaires et aux salariés des régimes spéciaux le compte professionnel de prévention (C2P), qui permet à certains salariés du privé de partir dès 60 ans pour compenser des conditions de travail difficiles (bruit, température, travail de nuit...). Il a suggéré également d'assouplir les critères pour la prise en compte du travail de nuit, ce qui bénéficiera notamment aux infirmiers et aides-soignants à l'hôpital.

Mais la CFDT, à l'origine de ce dispositif, juge cette réponse "pas à la hauteur alors qu'elle est une condition de la justice sociale". Elle plaide notamment pour le rétablissement des quatre facteurs de pénibilité (postures pénibles, manutentions manuelles de charges, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux) supprimés (sur dix) par le gouvernement en 2017. L'Unsa et la CFTC partagent cette position.

Le minimum de pension

Le gouvernement propose qu'une personne ayant fait toute sa carrière au Smic (1204 euros net actuellement) perçoive au moins 1000 euros net de retraite en 2022, puis 85% du Smic à partir de 2025. Cette mesure s'applique aussi aux travailleurs indépendants et aux agriculteurs. La CFDT juge qu'"une carrière complète au Smic mérite" une pension "égale à 100% du Smic".

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C'est davantage l'Unsa, particulièrement présente chez les fonctionnaires, à la RATP et à la SNCF, qui est en première ligne.

Pour son secrétaire général, Laurent Escure, "les personnels de santé publique, les forces de l'ordre et les pompiers, les agents territoriaux, les fonctionnaires ayant peu ou pas de primes (dont les enseignants), les salariés de la SNCF, de la RATP, restent sur leur faim car aucune garantie ne leur a été concrètement apportée. Il ne suffit pas de dire que des discussions vont commencer, il faut préciser quand, à quel rythme et pour aller dans quelle direction".

Aux enseignants, le gouvernement propose de garantir dans la loi que leurs pensions ne baisseront pas et que la revalorisation de leurs primes soit engagée à partir de 2021, en priorité sur les débuts de carrière. Gouvernement et syndicats devront donc discuter argent - le gouvernement a déjà évoqué le chiffre de 10 milliards d'euros - et date de mise en application. Le gouvernement pourrait préférer verser des primes aux enseignants plutôt qu'augmenter leurs salaires, or les syndicats ont prévenu qu'ils réclameraient bien l'augmentation des revenus.

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Une "clause du grand-père" à la SNCF et à la RATP ?

A la SNCF, l'Unsa et la CFDT souhaitent que la réforme ne s'applique qu'après la fin des embauches au statut au 1er janvier 2020. A la RATP, ce serait après l'adoption de la réforme pour l'Unsa ("clause du grand-père").

 

Le gouvernement souhaite que la réforme concerne la génération 1985 pour les conducteurs et 1980 pour les agents de maintenance. Et il a demandé à la direction des deux entreprises d'enclencher une concertation avec les syndicats sur les modalités.

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