Retraites : en cas de hausse des cotisations patronales, "ce sera sans nous", prévient le patron du Medef

Retraites : en cas de hausse des cotisations patronales, "ce sera sans nous", prévient le patron du Medef
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INTERVIEW - Invité d’Elizabeth Martichoux ce vendredi 31 février, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a réagi à la conférence de financement qui a débuté ce jeudi 30 janvier.

La conférence de financement, qui doit décider des modalités de retour à l’équilibre du système de retraites en 2027, a débuté ce jeudi 30 janvier par un calendrier très serré : État et partenaires sociaux doivent trouver d’ici fin avril un accord pour combler un déficit estimé à terme à 12 milliards d’euros par an. Mais pas question d’augmenter le "coût du travail", a prévenu le Premier ministre et donc pas de hausse de cotisation. 

Un engagement qu’Edouard Philippe tiendra jusqu’au bout ? Pas de doute possible pour Geoffroy Roux de Bézieux : "Nous avons tous reçu une lettre du Premier ministre, donc la parole de l’Etat est engagée", assure-t-il à LCI. "Depuis trente ans, on a augmenté le coût du travail en France, pratiquement doublé (…) et le résultat est un chômage de masse." 

Selon le président du Medef, la baisse du coût du travail depuis 2015 a accéléré les créations d’emplois – un million en 5 ans – avec le recul du chômage en 2019, faisant une allusion directe à l’annonce faite et répétée fin 2013 par son prédécesseur Pierre Gattaz, selon laquelle les entreprises françaises étaient en mesure de créer 1 million d’emplois en cinq ans : "Le problème, c’est ce que ce million tant critiqué par le passé existe, il a été créé. Certes, ce n’est pas seulement grâce à cette baisse du coût du travail mais il n’y a pas de coïncidence."

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"Un échec n'arrange personne"

Aussi, si l’on donnait le signal inverse avec une hausse des cotisations, même minime, la dynamique serait brisée. De là à dire que si on l’augmente un peu, cela risque de casser la dynamique de baisse de charge ? "C’est bien le symbole que cela renvoie", assure Geoffroy Roux de Bézieux, rejetant la notion de chantage : "C’est juste un constat économique de bon sens : quand on baisse le coût du travail, on créé des emplois ; d’ailleurs, cela permet de renforcer l’équilibre financier des retraites : tous ces emplois cotisent, font des recettes pour le régime. Les employeurs sont des gens pragmatiques: à partir du moment où on leur donne un symbole à l’inverse de ce qu’il est, la politique de l’offre est changé et du coup, on n’emploiera plus."

En d’autres termes, si le Premier ministre assure dans le cadre de financement de cette conférence que finalement la seule solution, le prix à payer est un retrait de cet engagement, "ce sera sans nous et un échec n’arrange jamais personne", rétorque le président du Medef. "Nous n’étions pas demandeurs de cette conférence de financement, nous y sommes allés par esprit républicain. Simplement, si au bout du compte, et je n’y crois puisque j’ai une lettre du Premier ministre, on arrive à une hausse du coût du travail, les employeurs vont le prendre comme un signal de la fin de la politique de l’offre. Et la situation politique positive que je décrivais sera simplement inversée."

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