Philippe "pense" que syndicats et patronat se mettront d'accord sur une mesure d'âge pour financer les retraites

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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

ULTIMATUM - Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre a dit sa confiance dans les organisations syndicales et patronales pour parvenir à un accord de financement du régime des retraites. Tout en agitant la menace de prendre les dispositions nécessaires s'ils n'y parvenaient pas.

"L'ensemble des mesures" qui sortiront de la conférence de financement du régime des retraites contiendra-t-il une "mesure d'âge ? Je le pense." Après s'être assuré, en retirant l'âge-pivot des projets de loi sur la réforme des retraites, des bonnes grâces des syndicats favorables à la réforme par points, Edouard Philippe a fait le plein de confiance. Au point d'avancer prudemment, mardi 14 janvier, devant l'Assemblée nationale, que la réunion des partenaires sociaux sous l'égide de la "conférence de financement" proposée par la CFDT pourrait aboutir sur une mesure d'âge.

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Le Premier ministre avance sur du velours. Son retrait, provisoire et partiel, d'un âge-pivot de 64 ans, samedi 11 janvier, lui a accordé un peu de temps. Et lui a permis d'avancer ses pions : si l'âge-pivot est retiré, il n'en réclame pas moins des partenaires sociaux des propositions qui assurent au régime des retraites un "équilibre financier en 2027". "Je ne vois pas comment sinon on pourrait y arriver", a-t-il déclaré à l'Assemblée.

Et pour cause : les partenaires sociaux se voient obligés de travailler sur le sujet sans pouvoir baisser le niveau des pensions (ce dont personne ne veut) ni augmenter les cotisations sociales. Sur ce point, au nom de la "compétitivité de l'économie française", Edouard Philippe a tracé une ligne rouge : "Nous ne voulons pas qu'il y ait une hausse du coût du travail."

Un "cocktail de mesures" pour arriver à l'équilibre

Partant de là, la conférence de financement paraît mal embarquée, seul le patronat soutenant l'idée d'un recul de l'âge de départ à la retraite. Ce qui fait agiter à Edouard Philippe le chiffon rouge de la reprise en main par l'Etat, au cas où les partenaires sociaux venaient à ne pas se mettre d'accord : "Si - et je ne crois pas que cela arrivera - mais si, par extraordinaire, elle ne proposait pas un retour à l'équilibre, alors je prendrais mes responsabilités et je ferais en sorte qu'en 2027 le système soit équilibré. [...] Ça n'est pas un gros mot, c'est une sécurité".

Une mise en garde qui n'est pas sans rappeler la mission donnée aux partenaires sociaux pour le financement de l'assurance-chômage : économiser entre 3 et 4 milliards d'euros tout en dévoilant déjà ce qu'il avait prévu pour y parvenir. Comme s'il savait que les partenaires sociaux ne se mettraient pas d'accord. En attendant, Edouard Philippe l'assure : "Une fois qu'on a défini ces deux limites, il y aura plusieurs instruments", "un cocktail de mesures" : un âge-pivot temporaire ? Selon les professions et défini par des critères de pénibilité ? Au patronat et aux syndicats de relever le challenge fixé par l'exécutif.

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