Réforme du code du travail : les syndicats lancent les hostilités

Réforme du code du travail : les syndicats lancent les hostilités

SOCIAL - L'intersyndicale réunie mardi 23 février (une première depuis 2013) avait pour objectif de discuter de la loi El Khomri. Bilan : neuf syndicats réclament le "retrait" du plafonnement des indemnités prud'homales, avant de se retrouver le 3 mars pour envisager la suite de leur action.

Faire monter peu à peu la pression. C’est en substance ce qui ressort ce mardi soir de la réunion entre neuf syndicats concernant le projet de loi El Khomri. Selon un communiqué, l'ensemble des organisations, exception faite de la CFTC, absente des débats, ont demandé le "retrait" de la barémisation des indemnités prudh'omales dues à des licenciements abusifs.

"Peser pour faire bouger le texte"

Le texte est signé par les syndicats CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires-Sud, Unsa, Unef, UNL et Fidl. Néanmoins FO, présent lors de la réunion, n'a pas signé, rejetant en bloc les mesures préconisées par le gouvernement, quand les autres centrales y voyaient quelques mesures à retenir. Ce qui n'empêchera pas l'organisation menée par Jean-Claude Mailly de prendre part à de futures discussions. Toutes les organisations ont en effet décidé de se retrouver le 3 mars pour "approfondir" leurs analyses concernant la réforme du droit du travail.

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Comme initialement annoncé, aucune décision sur la nature d'une "riposte" (grève, manifestation ou initiative commune) n’a été prise ce soir. "Il s'agit d'abord de "peser pour faire bouger le texte sur certains points clés: plus de sécurisation pour les salariés, plus de dialogue social, c'est-à-dire enlever du texte les trop nombreux renvois aux décisions unilatérales des employeurs", a expliqué Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT.

"Ecouter les salariés et moins le Medef"

L'intersyndicale réunie mardi, une première depuis 2013, avait pour objectif de discuter de la loi El Khomri. Ce texte est salué par le patronat et la droite, mais décrié par les syndicats et la majorité, car jugé trop favorable aux entreprises. Il sera présenté en conseil des ministres le 9 mars. Long de 52 articles, il prévoit – entre autres – la création d'un compte personnel d'activité (CPA) et l'instauration du "droit à la déconnexion". Il ouvre aussi la voie au référendum en entreprise pour valider des accords minoritaires, précise les conditions du licenciement économique, plafonne les indemnités prud'homales et prévoit la primauté des accords d'entreprise en matière de temps de travail.

"Ce projet de loi, c'est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il faut que le gouvernement écoute les salariés et un peu moins le Medef", a commenté sur RTL Philippe Martinez, numéro un de la CGT.

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