Réforme du code du travail : qui sont les leaders de la contestation étudiante ?

Politique
MOBILISÉS - Depuis la publication du projet de loi Travail, le gouvernement doit faire face aux principaux syndicats du pays. A leurs côtés, plusieurs organisations étudiantes et lycéennes. Qui en sont les leaders ? Metronews fait les présentations.

William Martinet : le frondeur de l'Unef
Né le 6 septembre 1988, de parents infirmiers à l'hôpital public, William Martinet grandit dans un milieu social modeste. Il fait ses études à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), où il obtient une licence de biologie à l'âge de 27 ans. Neuf ans pour une licence, de quoi se voir surnommer le "vieil étudiant" par Le Point . Mais Martinet s'explique : "L’engagement syndical prend du temps et je n’ai pas de décharge horaire. J’ai aussi travaillé – fait des sandwichs chez Subway ou nettoyé des trottoirs à Saint-Quentin-en-Yvelines – pour financer mes études. La moitié des étudiants ont les mêmes galères."

Il poursuit ses études au Conservatoire national des arts et métiers en "économie sociale et solidaire" afin d'apprendre à "combattre l’ogre capitaliste", selon ses mots. C'est à l'UVSQ qu'il intègre l'Union nationale des étudiants de France (Unef), le plus important des syndicats étudiants, duquel il devient président de la section locale. Sa première manifestation, c'était contre le CPE, comme beaucoup de jeunes de sa génération. William Martinet gravit les échelons du syndicat jusqu'à en devenir le président le 13 décembre 2013, élection où il était le seul candidat. Ses principales luttes se font contre le libéralisme, l’extrême droite, l’homophobie ou le sexisme. Il est de ceux qui appellent au retrait de la loi Travail .


Alexandre Leroy : le diplomate de la Fage
Âgé de 26 ans, il est titulaire d’une licence de lettres modernes et d’une licence d’Histoire, et actuellement en master d'Histoire. Né à Angers le 25 juin 1989, d'un père conducteur routier et d'une mère patronne de PME, Alexandre Leroy s'engage dans le mouvement étudiant en 2010. Il est président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), le deuxième syndicat étudiant, depuis septembre 2014.

Sur la loi Travail, Alexandre Leroy et la Fage ne sont pas sur la même longueur d'ondes que l'Unef. Eux demandent une modification du projet de loi, mais pas son retrait. "Si on ne fait rien, cela n’aidera pas les jeunes à accéder à un emploi pérenne. Le texte apporte quelques réponses, mais il faut retirer les mesures ultra agressives qui vont précariser les jeunes", explique-t-il à 20 Minutes .


Samya Mokthar : l'électron libre de l'UNL
Elle n'a que 18 ans et déjà elle mène la fronde contre le gouvernement. Samya Mokthar est depuis avril 2015 la présidente de l'Union nationale des lycées (UNL). Née à Manosque, elle est actuellement en première année de BTS communication par correspondance.

Samya Mokthar s'est déjà illustrée dans la lutte contre le harcèlement scolaire. Désormais vent debout contre la loi Travail, la présidente de l'UNL demande le retrait du projet de loi.


Zoïa Guschlbauer : la rebelle de la Fidl
Nommée présidente de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) le 26 octobre 2014, Zoïa Guschlbauer, à l'instar de son homologue de l'UNL, n'a pas peur de dire ce qu'elle pense aux politiques. Née le 2 septembre 1998, elle est aujourd'hui en première S au lycée Sophie-Germain dans le 4e arrondissement de Paris.

Lors de son élection, Zoïa Guschlbauer avait annoncé que les luttes contre l’extrême droite, contre les inégalités, les discriminations et le racisme seraient ses priorités. Après avoir été reçue par Manuel Valls lors des concertations sur la loi Travail, la jeune militante n'a pas mâché ses mots pour commenter l'entrevue : "Ce fut un dialogue de sourds. (...) On s’est retrouvé face à une personne paternaliste et autoritaire pour qui c’était forcément nous qui avions tort !", a-t-elle déclaré à Marianne . La Fidl appelle au retrait du projet de loi.


Maayane Pralus : la battante du SGL

Elève en terminale S au lycée Racine de Paris, Maayane Pralus est à la tête du premier syndicat lycéen, le Syndicat Général des Lycéens (SGL) depuis le 27 septembre 2015. Dans sa profession de foi, elle a fait de la réforme du temps scolaire et de l'orientation ses priorités.

Sur la loi Travail, comme les autres syndicats lycéens, le SGL est fermement opposé au gouvernement. "On appelle à la mobilisation tant qu'il n'y a pas de retrait de ce projet de loi", déclarait Maayane Pralus à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre.

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