Réforme pénale : les quatre vérités de Taubira

Politique
JUSTICE - Alors que le projet de réforme pénale doit être débattu mardi à l'Assemblée, la garde des Sceaux Christiane Taubira défend son texte dans une interview au Parisien et revient sur les diverses polémiques qui ne l'ont pas épargnée depuis son installation place Vendôme.

La semaine qui débute s'annonce chargée pour Christiane Taubira. Avant le débat sur son projet de réforme pénale mardi 3 juin à l'Assemblée nationale, la ministre de la Justice s'exprime longuement dans Le Parisien daté de lundi.

"Notre réforme prévoit un procès en deux temps (…) La première audience établira la culpabilité et prononcera les réparations pour la victime. La deuxième audience aura lieu après enquête, entre deux et quatre mois plus tard, et décidera de la sanction", détaille la garde des Sceaux, reconnaissant à la justice française un "manque de moyens."

Interrogée sur la contrainte pénale, la mesure de la réforme censée développer les peines alternatives à la prison (et qui lui vaut d'être taxée de laxiste par la droite), la ministre assure qu'elle "permettra d'exécuter immédiatement la peine". "Ce tapage au sein de mon soi-disant laxisme crée des craintes au sein même du gouvernement", ajoute-t-elle.

Des états généraux du cannabis

Nicolas Sarkozy est-il toujours sur écoute téléphonique ? "Je ne le sais pas, et je n'ai pas à le savoir", réplique Taubira au Parisien, réaffirmant : "Ce n'est que par une lettre de fin février que j'ai su que des interceptions téléphoniques avaient eu lieu". La ministre relève au passage que les écoutes ont "explosé", passant de "3000 en 2009 à 20 000 en 2012."

Répondant à une question sur la légalisation du cannabis, Christiane Taubira se demande pourquoi il n'est pas possible d'en débattre en France. "Si on légalise, terminé le trafic ! (…) Faut-il des états généraux ? Je pense que oui". Sur les "salles de shoot", elle observe que "c'est une solution adoptée dans d'autres pays qui a donné des résultats. Pourquoi l'interdire ?"

Enfin, la ministre voit dans le droit de vote des étrangers aux municipales "une bonne chose, un acte juste" : "Je pense qu'accorder le droit de vote aux élections municipales aux étrangers qui résident ici depuis cinq ans ne déstabilisera pas la France".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter