Régionales 2015 : l'association Anticor accélère la "normalisation" du FN, qui applaudit

Politique

ÉTHIQUE POLITIQUE - A l'approche des élections régionales, l'association Anticor propose aux candidats de signer une charte éthique garantissant la transparence de leur futur mandat. Grande nouveauté : elle s'ouvre désormais au Front national, jusqu'ici écarté. La "réparation d'une injustice", assure le FN.

Les élus FN pourront désormais se prévaloir du cachet "éthique" de l'association Anticor. Alors que cette organisation propose aux candidats aux élections régionales de signer sa nouvelle Charte éthique - un ensemble de 7 points censés garantir leur exemplarité -, elle accompagne sa démarche d'une petite révolution interne : la fin de la mise au ban du parti d'extrême droite.

L'exclusion de Jean-Marie Le Pen citée en exemple

Une position aux antipodes des fondements de cette association créée en 2002… après l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. La nouvelle politique est résumée dans un mail interne du président de l'association, Jean-Christophe Picard, dont plusieurs médias, dont metronews, ont eu connaissance mardi soir. "Le conseil d'administration a considéré qu'il n'était pas possible d'écarter une tête de liste signataire au seul motif qu'elle appartiendrait au FN", écrit-il aux responsables de l'association.

Pour justifier cette appréciation, Jean-Christophe Picard précise : "Le conseil d'administration a notamment considéré que ce parti avait suffisamment changé, comme en témoigne la récente exclusion de Jean-Marie Le Pen". Interrogé par le Lab , le président d'Anticor assume et se montre plus précis encore : "Il faut, dit-il, arrêter de stigmatiser le FN. C'est une stratégie qui n'est pas efficace et qui n'a jamais marché". Et de justifier cette position par le fait "qu'on entend maintenant en dehors du FN des propos pires", un clin d'œil aux sorties de Nadine Morano sur la "race blanche".

"La réparation d'une injustice"

En tout cas, le FN est ravi de l'invitation. "Nous y voyons la réparation d'une injustice", indique à metronews son secrétaire général, Nicolas Bay. "C'est une démarche de sagesse de l'association, qui semble faire le constat lucide qu'on ne peut pas écarter un parti qui rassemble 25 à 30 % des électeurs." Et de promettre : "Nous étudierons cette charte des régionales avec attention".

En proie à des dissensions internes l'an dernier, Anticor avait déjà connu ce débat. Le précédent président, Jean-Pierre Guis - écarté de l'association - assurait encore, début 2014, que " faire signer la charte éthique au FN ne serait pas une bonne chose ". Depuis, la fameuse "normalisation" est passée par là.

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