Régionales en Ile-de-France : Bayou et trois nuances de gauche pour "tourner la page Pécresse"

Régionales en Ile-de-France : Bayou et trois nuances de gauche pour "tourner la page Pécresse"

EN EMBUSCADE - Si Valérie Pécresse arrive largement en tête du premier tour de l'élection régionale en Ile-de-France, le second tour n'est pas joué. À la tête d'une alliance des trois listes de gauche officialisée ce lundi, Julien Bayou pourrait créer la surprise.

Valérie Pécresse ne s'y est pas trompée. Débarrassée d'un RN plus bas que prévu et de LaREM à peine au-dessus du seuil de qualification, la présidente sortante regarde désormais sur sa gauche. Et, à l'instar de ses sorties régulières pointant du doigt une "extrême gauche [...] aussi dangereuse que l'extrême droite", elle a désigné son adversaire, le 20 juin, au soir du premier tour : Julien Bayou, tête de liste EELV, soutenu par Génération.s, et conseiller régional.

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Bayou adoubé par Pulvar et Autain

La présidente sortante, qui compte 36,4% des voix, n'a pas mis de gants : "Face à nous, nous trouverons une coalition de la gauche radicale qui inclut l'extrême gauche de monsieur Mélenchon. Cette gauche-là a perdu sa boussole républicaine. Elle défend les réunions racisées, impose une écologie punitive et antisociale, veut enfermer nos jeunes dans l'assistanat." Une violente attaque, signe que le secrétaire national d'EELV constitue la seule menace pour celle qui a fait de sa réélection un préalable à toute ambition présidentielle.

Est-elle sérieuse ? Les résultats de ce premier tour laissent entrevoir un chemin, certes étroit, pour la gauche, qui a dirigé la région entre 2004 et 2015. Après avoir désespéré ses partisans, la stratégie des trois listes a porté ses fruits puisque chacune, celle d'Audrey Pulvar soutenue par le PS (11,1%) et celle de Clémentine Autain, soutenue par LFI et le PCF (10,2%), peuvent se maintenir. Avec 13%, Julien Bayou devient donc le leader de cette coalition vert-rose-rouge.

Tout au long de la campagne, chacun et chacune s'était engagé à se retirer au profit du mieux placé. Au soir du premier tour, les deux dauphines de l'écologiste veulent être au rendez-vous de leurs promesses. "Bravo à Clémentine Autain et Julien Bayou pour leurs résultats ce soir. [...] La liste Ile-de-France en commun se tient à leur disposition pour une large union de la gauche, républicaine et écologiste", a déclaré Audrey Pulvar au soir d'une soirée décevante, pour elle qui avait fait une partie de la course en tête à gauche dans les intentions de vote. Dans la soirée, Anne Hidalgo avait appelé "à un large rassemblement des forces de gauche et des écologistes".

Plus explicite, la députée insoumise Clémentine Autain s'était réjoui que "l'alliance des trois listes de gauche pour un second tour, emmenée par Julien Bayou, nous place au coude-à-coude avec Valérie Pécresse", contre qui elle ne mâchait pas ses mots : "La victoire est à notre portée, nous devons en finir avec la droite régionale réactionnaire qui a creusé les inégalités territoriales dans notre région".

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Décidé lui aussi à "tourner la page du système Pécresse", Julien Bayou avait annoncé entamer "dès ce soir, les discussions pour former le grand rassemblement des écologistes avec les forces qui souhaitent mettre en œuvre la transition écologique et sociale". Sous quelles conditions l'alliance se fera-t-elle ? Les états-majors de campagne se sont mis au travail aussitôt et, après une douzaine d'heures de négociations à grands renforts de produits en croix, sont parvenus à s'accorder en début d'après-midi, lundi 21 juin, comme espéré. "On est très heureux de vous annoncer qu'on a trouvé un accord, fusionné nos listes et enrichi notre projet", s'est réjoui l'écologiste aux côtés de ses nouvelles colistières, qu'il a remerciées "pour leurs mots en déclarant se mettre au service du rassemblement. Ce n'était pas que des mots, elles l'ont fait, leurs équipes aussi".

Cet accord établi, les trois forces réunies possèdent de réelles chances de l'emporter. Avec 35,9% des voix selon les instituts de sondage, la marge de manœuvre de Valérie Pécresse est faible. Face à elle, l'addition des scores des listes de gauche les amène à peu ou prou au même niveau. Assez pour que la présidente sortante, qui devra aussi s'inquiéter du RN (13,1%) et du maintien de la liste LaREM de Laurent Saint-Martin (11,8%), lance cet appel : "S’abstenir, voter RN ou LaREM, c’est faire élire une gauche extrême."

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