Régionales en Paca : seul contre tous, Jean-Laurent Félizia finit par se retirer

Régionales en Paca : seul contre tous, Jean-Laurent Félizia finit par se retirer

TENSIONS - Suite aux avertissements envoyés par le PS et EELV et le risque de victoire du RN en Paca, l’écologiste Jean-Laurent Félizia a fini par accepter de retirer sa liste avant le second tour.

"Mon sentiment personnel, c’est que je pourrais assumer cette volonté de rester dans l’échiquier politique avec un RN majoritaire." Voilà ce que déclarait Jean-Laurent Félizia le 27 mai dernier à Libération. Un mois après, à l'issue du premier tour des élections régionales, la tête de liste écologiste aura bien tenté de mettre en application ses intentions. En vain. 

Face au risque de victoire de Thierry Mariani (RN), celui qui menait une liste d'union EELV, PS et PCF a en effet décidé, suite à une dernière réunion avec son équipe, de retirer sa liste de celles qualifiées pour le second tour des régionales en Paca. "Je ne reculerai pas devant cette nécessité", répétait-il pourtant ce lundi dans un entretien sur le site de franceinfo

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Six ans après le retrait de la liste socialiste emmenée par Christophe Castaner, conclue par l'absence d'élus de gauche à la région, Jean-Laurent Félizia voulait prendre le risque : "Le sursaut républicain vaut mieux qu'un front républicain, qui efface les écologistes et la gauche de tout le paysage politique régional"

Dimanche soir, il argumentait : les reports de voix sur Renaud Muselier, notamment grâce à un accord avec Jean-Marc Governatori (5,3% au premier tour) seraient suffisants pour le faire élire, et donc qu'il n'était pas obligé de se retirer. Un accord qui met du temps à être conclu et qui, par ailleurs, a perdu de son utilité. Au coude-à-coude dans les premières estimations, Thierry Mariani distance finalement Renaud Muselier de six points seln les résultats définitifs.

Menacé d'exclusion

Ce rapport n'a pas échappé aux états-majors des partis soutenant la liste de l'ancien agriculteur. Interrogé sur franceinfo ce lundi, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou n'a pas tergiversé : "Si cette liste venait à se maintenir, elle n'aura pas le soutien d'EELV, du PS ou du PCF". Félizia risquerait-il l'éviction ? Interrogé à ce sujet, la tête de liste des gauches en Ile-de-France a répondu : "Il [le] sera, bien sûr, avec toutes les conclusions qui doivent être tirées". 

Selon les informations de LCI, EELV, qui lui a retiré son investiture dès dimanche soir, a également décidé de lui retirer tout financement... un préalable indispensable à l'impression du matériel électoral de second tour. Touché mais pas coulé, à la mi-journée, lundi, Jean-Laurent Félizia avait obtenu l'accord d'un nouvel imprimeur, à qui il restait encore à savoir s'il pouvait livrer le matériel en temps et en heure.

Une opposition aux "états majors parisiens"

Là encore, les menaces et les coups de bambou ne semblaient pas faire grand peur au paysagiste varois de 52 ans. Jouant le jeu de l'élection locale, il choisissait de se positionner en opposition aux leaders nationaux. Alors que dimanche soir le Premier secrétaire du PS Olivier Faure l'appelait à retirer sa candidature, Félizia lui répondait : "Je n’ai pas à répondre aux Olivier Faure. Les états-majors parisiens sont parfois déconnectés de la réalité du terrain. C’est une décision collective que nous assumons."

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Inconnu du grand public, le conseiller municipal du Lavandou (Var), adhérent depuis 2009, semblait prêt à prendre le risque de perdre sa carte. Tout comme à recomposer une liste dont plusieurs membres semblaient reconsidérer leur présence à l'aune du risque d'une présidence RN de la région. Mais face à l'accumulation des vents contraires, celui qui, en mai dernier, déclarait à Libération "la culpabilité, je l’efface de mon registre politique", a fini par reculer. 

Avec un accord technique à la clé qui permettrait à la gauche de revenir à la région ? Cette question, un temps évoquée, semblait balayée par les équipes de Muselier. Celles de Félizia, au contraire, certifiaient que le sujet était sur la table. Mais c'était avant le coup de bluff loupé du 20 juin.

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