Régionales : la fusion PS/LR voulue par Manuel Valls pour contrer le FN fait chou blanc

Régionales : la fusion PS/LR voulue par Manuel Valls pour contrer le FN fait chou blanc

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CUISINE ELECTORALE – Pour battre le Front national dans les régions où il est le plus fort, Manuel Valls s'interroge sur un possible rapprochement des listes de droite et de gauche. Mais cette possibilité est loin de satisfaire tout le monde.

Comment faire barrage au Font national ? C'est la question qui agite de plus en plus les leaders politiques de droite comme de gauche, alors que le parti de Marine Le Pen semble en mesure de remporter les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Selon les derniers sondages, en effet, le FN s'imposerait dans tous les cas de figure dans la région nordiste, avec une avance de plusieurs points, tandis que le scrutin s'annonce extrêmement serré en Paca.

Le problème, c'est que le Front républicain ne semble pas être une solution viable. Aux yeux de Manuel Valls, en cas de triangulaire LR/PS/FN, le retrait de la liste de gauche en faveur de celle de la droite (ou inversement) ne garantit pas à la liste restante qu'elle l'emportera contre le Front national. La liste qui se serait désistée se retrouverait alors dans une situation où elle n'aurait aucun élu dans une région dirigée par l'extrême droite.

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La fusion, une solution "gagnant-gagnant" ?

Pour éviter une victoire de Marine Le Pen en NPDCP, qui sonnerait comme un aveu d'échec pour le gouvernement, le Premier ministre est prêt à tout. Et même à proposer une fusion entre la liste du PS et celle des Républicains. Celle solution présente aux yeux du Premier ministre deux avantages. D'abord, elle permet de rassembler véritablement les électeurs des deux camps derrière une même liste pour le second tour, et donc de maximiser les chances de battre le FN. Ensuite, même en cas de défaite, elle assure aux deux camps de disposer de sièges au conseil régional. "Il y a un premier tour et un deuxième tour. J'appelle l'ensemble des socialistes à se concentrer sur le premier tour", explique un de ses proches.

Encore lui faudrait-il arriver à convaincre les différents acteurs du scrutin. Jeudi matin, François Fillon a en effet estimé qu'un tel rapprochement n'aurait "aucun sens". Selon lui, donner vie à cet "UMPS" que l'extrême droite dénonce à cor et à cri depuis des années ne ferait que renforcer un peu plus la défiance des électeurs vis-à-vis de ces deux partis. "Dire aux Français 'on va fusionner avec la majorité (…) donc on va maintenir la même politique qu'avant', c'est la meilleure façon de faire monter le Front national encore un peu plus", a-t-il justifié sur BFMTV. Il est d'ailleurs loin d'être le seul à penser cela : Gérald Darmanin, directeur de la campagne de Xavier Bertrand dans cette région, rejette lui aussi toute possibilité de fusion. "Même pas en rêve !", s'est-il emporté sur RTL. "En parler maintenant, c'est ouvrir un boulevard à Marine Le Pen", a-t-il estimé.

Même à gauche, personne n'en veut

Il n'y a pas que dans les rangs des Républicains que la proposition de Manuel Valls suscite l'incompréhension. Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti socialiste, a également appelé son parti ("Tous les socialistes", a-t-il martelé dans une allusion à peine voilée au Premier ministre) à faire preuve de "cohérence" et à "se concentrer" sur le premier tour : "Je n'ai pas l'habitude de mettre mon caleçon après mon pantalon", a-t-il déclaré. Pierre de Saintignon, le candidat du PS qui doit affronter Marine Le Pen, a également adressé un "stop !" au Premier ministre. "De grâce, laissons-nous travailler, laissons-nous agir auprès de nos concitoyens, et puis cessons ces petites phrases qui jettent le trouble et qui nuisent à notre campagne", a-t-il imploré à l'occasion d'une conférence de presse.

Le projet de Manuel Valls aura au moins fait une heureuse : Marine Le Pen. Interrogée jeudi matin sur France Bleu Nord, elle s'est félicitée de la fin "du faux clivage gauche-droite pour aller vers le vrai clivage, celui qui oppose patriotes et mondialistes".

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