Régions : Hollande veut marquer son territoire

Régions : Hollande veut marquer son territoire

Politique
DirectLCI
DÉCENTRALISATION - François Hollande veut s'attaquer au millefeuille territorial et réduire le nombre de régions, qui pourrait passer de 22 à 15. Une proposition que l'on entendait surtout à droite jusqu'ici.

Bientôt une "grande Normandie", un Poitou-Charente rayé de la carte ou une Loire-Atlantique rattachée à la Bretagne ? François Hollande avait créé la surprise, mardi lors de sa conférence de presse , en annonçant que le nombre des régions françaises pourrait "évoluer", afin de les rendre plus puissantes et de mieux maîtriser les dépenses publiques. Le député PS Thierry Mandon, nommé co-pilote du "conseil de simplification" voulu par le chef de l'Etat, a précisé mercredi que ces collectivités en charge du développement économique devraient être réduites de 22 (en métropole) à "une quinzaine". Cela fait quand même 30% de régions en moins", a-t-il souligné en oubliant les 4 entités d'outre-mer.

Raffarin n'en voulait qu'entre huit et dix

Ce "big-bang" des régions, qui se verraient par ailleurs confier un pouvoir réglementaire local, tandis que les départements seraient également incités à fusionner avec les grandes métropoles, est une proposition inédite dans la bouche de François Hollande. Mais c'est loin d'être une nouveauté. Nicolas Sarkozy, qui lui aussi disait vouloir élaguer le "millefeuille territorial" pour faire la chasse aux "gaspillages", s'était fait remettre un rapport sur le sujet par Edouard Balladur. L'ancien hôte de Matignon lui avait proposé de réduire le nombre de régions de 22 à... 15. Un autre ex-Premier ministre de droite, Jean-Pierre Raffarin, est allé plus loin en septembre dans un rapport co-rédigé avec un sénateur socialiste : lui préconisait d'aller jusqu'à diviser par deux le nombre des régions.

Mais si la mise en route d'un nouveau chantier de la décentralisation est globalement saluée à gauche, ce redécoupage régional promet de réveiller les réflexes jacobins. "Cette 'länderisation' de la France contribuerait à l'effilochage de l'Etat", a déjà réagi l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. Elle devrait surtout susciter une levée de boucliers dans les collectivités menacées de disparition. En 2009, la Picardie, notamment, avait vivement protesté face aux rumeurs de démantèlement au profit de régions voisines : des dizaines de milliers de personnes avaient signé une pétition "Touche pas à ma Picardie".
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter