Remaniement : après les municipales, les écolos veulent une mise au vert

Remaniement : après les municipales, les écolos veulent une mise au vert

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CHAISES MUSICALES - Renforcés par de bon résultats aux élections municipales, les écologistes ont engagé un rapport de force avec François Hollande. Objectif : peser sur le remaniement gouvernemental, en obtenant un troisième ministre.

Les Verts n'avaient pas attendu le verdict des urnes pour annoncer la couleur. Dès mercredi, au cours d'un déjeuner en tête à tête avec Manuel Valls, Cécile Duflot avait prévenu son collègue : son éventuel transfert de la place Beauvau à Matignon serait synonyme d'un départ de l'écolo du gouvernement. Désormais renforcés par de bons résultats au second tour des municipales, le bras de fer repart de plus belle entre les écologistes et le chef de l'Etat, à quelques heures du remaniement.

Car le parti écolo, "de nouveau dans le jeu" dixit sa patronne Emmanuelle Cosse, dispose d'un sacré atout. Il constitue en effet la seule force de la majorité à progresser aux municipales, avec en point d'orgue une victoire flamboyante à Grenoble, ville de 150.000 habitants. De quoi donner des ailes à Jean-Vincent Placé : "Je dis stop au pacte de responsabilité. En l'état, il est invotable et il ne sera pas voté par la majorité", a prévenu lundi le chef de file des sénateurs écologistes. "Moi j'ai envie plutôt de parler de pacte de relance", a renchéri François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale.

"Une politique plus sociale, plus écologique"

En coulisse, les tractations vont bon train à quelques heures du remaniement. Objectif : obtenir ni plus ni moins que la nomination d'un troisième ministre écolo. Un souhait déjà exprimé par Jean-Vincent Placé durant l'entre-deux tours, le sénateur réclamant l'entrée d'une femme au gouvernement. Les députées Barbara Pompili et Véronique Massoneau figurent parmi les favorites. Les Verts plaident par ailleurs pour la création d'un ministère regroupant l’écologie, le développement durable, les transports et l’énergie. Avec, à sa tête, Cécile Duflot. En attendant que son téléphone sonne ce lundi, la ministre avait profité, mercredi du Conseil des ministres pour peser de tout son poids sur "une inflexion" de la politique du gouvernement au vu des résultats.

Deux jours plus tard, elle demandait dans les médias "une politique plus sociale, plus écologique". Le message de l'orientation politique répété à l'envi, reste à savoir quel Premier ministre devrait le porter aux yeux des écologistes. "Ayrault est écolo-compatible, Valls n'a pas choisi d'en faire un cheval de bataille", a souligné un député écologiste entre les deux tours. Sauf que le message n'était plus aussi net lundi à la mi-journée... Jean-Vincent Placé, qui défendait de son côté depuis plusieurs semaines le maintien de Jean-Marc Ayrault, ne fait plus de son maintien à Matignon une question de principe : "Nous voulons agir, nous voulons peser, et ce n'est pas au moment où les Français et Françaises nous soutiennent que nous allons partir". Une dernière mise au point en attendant une mise au vert ?

Lire aussi >> Le remaniement, c'est maintenant

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