"Déterminée", Elisabeth Borne quitte l’Ecologie pour le ministère du Travail

La proclamation du premier gouvernement Castex : la vidéo intégrale
Politique

REMANIEMENT - La ministre de la Transition écologique et solidaire prend la tête d'un ministère ambitieux : le Travail. De nombreux dossiers sont sur la table.

Ces derniers jours, c’est le nom de Gérald Darmanin qui circulait pour prendre la tête du ministère du travail, en replacement de Muriel Pénicaud. C’est finalement Elisabeth Borne, actuelle ministre de la Transition écologique et solidaire, depuis juillet 2019, en remplacement de François de Rugy, démissionnaire.

Cette femme discrète, mais pourtant très bonne communicante sur les réseaux sociaux, l'a vite affiché : "Fière d’avoir contribué à la transformation écologique du pays. Déterminée à relever les défis économiques et sociaux des mois à venir. Merci à Emmanuel Macron et Jean Castex pour leur confiance", a-t-elle rapidement twitté.  Elle touche là, à un tout nouveau domaine.

Longtemps, Elisabeth Borne, 59 ans, a fait partie des ministres affichant un profil technique, plus que politique. Une "techno si peu politicienne", décrit un journaliste du Monde dans un portait qu'il lui consacrait en 2017. De fait, cette haut fonctionnaire est une femme de dossiers. Une bosseuse qui a longtemps travaillé dans l'ombre, au sein de plusieurs cabinets ministériels : avec Jack Lang et Lionel Jospin, à l’Education nationale, au début des années 1990. Puis de nouveau avec ce dernier, comme conseillère chargée des transports, quand il devient Premier ministre en 1997. 

Passée par la SNCF au poste de directrice de la stratégie au début des années 2000, elle pilote pendant 5 ans l'urbanisme à la mairie de Paris, jusqu'en 2013, avant d'être nommée préfète de Poitou-Charentes - la première femme en France à occuper cette fonction dans la région. Elle devient directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Ecologie en 2014, avant d'être nommée présidente de la RATP, de 2015 à 2017. 

Ministre macroniste

C'est avec Emmanuel Macron qu'elle passe au premier plan de la scène. Issue d'une famille de droite, ses expériences professionnelles ont néanmoins conforté sa conscience de gauche. Elle n'a cependant jamais été encartée au Parti socialiste. Quand Elisabeth Borne rejoint la République en marche en 2017, et entre au gouvernement d'Edouard Philippe comme ministre en charge des Transports, elle doit incarner un changement radical des politiques de mobilité : donner la priorité aux transports du quotidien plutôt que sur les grands projets pharaoniques. Elle y a notamment conduit la réforme de la SNCF, qui devait ouvrir le transport ferroviaire à la concurrence, transformer le statut de l'entreprise. Elle a, à ce sujet, fait face à la plus longue grève de l'histoire de la compagnie, à l’été 2018, tout en faisant voter le texte. Texte qui lui a attiré l'hostilité du monde cheminot et de la gauche radicale.

Lire aussi

A l’Ecologie, où la ministre a remplacé François de Rugy, Elisabeth Borne a, à ses débuts, été accueillie avec scepticisme, en raison de précédentes déclarations jugées peu favorables à l'environnement. Mais, imperturbable, elle répond aux critiques, se définissant comme "une écologiste de terrain". "L'époque a changé, l'écologie n'est pas la propriété de quelques-uns, c'est un enjeu porté très largement dans la société, par les élus, les partenaires sociaux...", assurait-elle dans L’Express, quelques jours après sa prise de fonction.

Sa mission : éviter une "génération sacrifiée"

Elle a porté plusieurs importants dossiers : d’abord avec la défense du projet de loi énergie-climat, commencée par François de Rugy, qui décrète "l'urgence écologique et climatique". Elle pilote aussi l’abandon du projet EuropaCity, un mégacomplexe de loisirs et de commerces, censé ouvrir en 2027 dans le Val-d’Oise, et devenu malgré lui un symbole de l’artificialisation des terres agricoles au profit de grands projets inutiles. 

Sur le volet du nucléaire, la ministre fait l’équilibriste, mais se déclare, au sortir de la pandémie de Covid-19, confortée "dans l’idée qu’il faut avoir un mix électrique diversifié", car "dépendre d’une source d’électricité à 70 % [à savoir le nucléaire] n’est pas la façon d’être le plus résilient". La ministre a également pris position sur le Black Friday, qui "est d’abord une énorme opération commerciale des grandes plateformes en ligne", et engendre "des milliers de colis en France avec tout ce que ça pose comme problèmes d’embouteillages, de pollution, d’émissions de gaz à effet de serre", fustige-t-elle sur BFM. Plus récemment, lors du déconfinement, elle a lancé la création d'un plan destiné à favoriser la réparation des vélos, accompagné du déploiement temporaire de pistes cyclables. 

Toute l'info sur

Le gouvernement Castex

Qui est Jean Castex, le successeur d'Edouard Philippe ?

La voici donc, à la tête de l’un des grands ministères du gouvernement Castex, sans doute l’un des plus exposés dans la période actuelle. Les défis laissés par Muriel Pénicaud sont nombreux, notamment celui de piloter la relance, au sortir de la crise du coronavirus. Parmi les priorités directes, le sujet de l’emploi des jeunes : est attendu en juillet un plan de soutien à l’embauche des jeunes, pour éviter une "génération sacrifiée". Sur la table aussi, la réforme de l’assurance chômage, que les syndicats veulent mettre au placard. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent