Remaniement : qui pour succéder à Nicolas Hulot ?

Remaniement : qui pour succéder à Nicolas Hulot ?
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Démissions de Hulot et Flessel : le gouvernement remanié

REMANIEMENT - La démission surprise de Nicolas Hulot, mardi dernier, oblige le gouvernement à trouver un remplaçant à cette figure de l’écologie. Une tâche pas forcément aisée. Quelles pistes sont sur la table ? On fait le point.

Emmanuel Macron, Edouard Philippe et le gouvernement ont appris, comme tout le monde, la démission de Nicolas Hulot mardi matin en écoutant France Inter. Le désormais ex-ministre de la Transition écologique n’avait en effet prévenu personne de sa décision. La majorité ne peut qu’encaisser le coup.

En raison du déplacement du chef de l’État au Danemark et en Finlande, l’exécutif a fait le choix de prendre quelques jours avant de nommer un remplaçant à l’ancien animateur d’Ushuaïa. Rien n'est encore acté, mais le Président et son Premier ministre pourraient d'ailleurs profiter de cette occasion pour procéder à un mini-remaniement, en raison des signes de fatigue de plusieurs membres de l'équipe gouvernementale. La décision devrait être annoncée mardi au plus tard, un Conseil des ministres étant prévu au complet mercredi.

Ce dimanche, alors que son nom revenait avec insistance ces derniers jours, Daniel Cohn-Bendit a en tout cas fait savoir qu'il ne serait pas le successeur attendu. "C'est une fausse bonne idée", a déclaré l'ancien député européen sur LCI, précisant qu'il avait eu "une longue discussion avec le Président" à ce sujet.

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De nombreuses pistes

Si rien n'a filtré, une solution interne semble peu probable. Les secrétaires d’État qui travaillaient directement avec Nicolas Hulot, Brune Poirson et Sébastien Lecornu, connaissent bien évidemment les dossiers en cours mais leur manque d’expérience est un frein sérieux qui va sans doute inciter l’exécutif à recruter une personnalité extérieure au gouvernement. 

Mais succéder à une telle figure de l’écologie ne sera pas simple. Pas sûr d’ailleurs que les postulants se bousculent au portillon. Dans cette optique, l’hypothèse d’un retour de Ségolène Royal n’est pas à exclure, bien qu'elle n'aurait pas été approchée. Outre sa maîtrise des dossiers environnementaux, l’ex-candidate à l’élection présidentielle présente plusieurs qualités : elle vient de la gauche, ce qui permettait au gouvernement de se rééquilibrer politiquement, souvent critiqué pour pencher trop à droite ; elle a ensuite une expérience et un poids politique évidents, alors que certains ministres - en particulier ceux issus de la société civile - sont parfois pointés du doigt pour leur difficulté à assumer leur rôle. 

Sur Twitter, Ségolène Royal a salué la démission de Nicolas Hulot sans toutefois critiquer l’action du gouvernement en matière d’environnement. On ne sait jamais…

Au sein de la majorité, les regards pourraient aussi se tourner vers Barbara Pompili. Ancienne secrétaire d’État en charge de la Biodiversité sous François Hollande, elle est depuis les législatives de 2017 présidente de la Commission du Développement durable à l'Assemblée nationale. Ex-membre d’Europe Écologie-Les Verts, elle avait rallié Emmanuel Macron avant la présidentielle, en mars 2017, et est restée loyale depuis au chef de l’Etat. Sa réaction à la démission de Nicolas Hulot est d'ailleurs un modèle de modération.

Tubiana, Canfin : les "favoris" de Cohn-Bendit

Lui aussi ancien d’EELV, l’actuel président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, constitue un recours possible. Son départ du perchoir permettrait ainsi d’y placer Richard Ferrand, qui lorgne sur le poste depuis des mois. Les noms de la directrice de cabinet de Nicolas Hulot, Michèle Pappalardo, de l'ex-Vert et désormais patron du WWF France, Pascal Canfin, ainsi que de Laurence Tubiana, qui a négocié l'accord de Paris lors de la Cop 21, sont également cités. Ces deux derniers ont d'ailleurs la préférence de Daniel Cohn-Bendit, qui en fait ses "favoris". 

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Remaniement : Cohn-Bendit plaide pour Tubiana ou Canfin

A noter enfin que le secrétaire général du Modem et ancien dirigeant des Verts, Yann Wehrling, a presque fait acte de candidature. Interrogé par l'AFP, il ne juge "pas absurde l'idée" d'être éventuellement chargé au gouvernement des questions écologiques. "Il ne faut pas que" le départ de Nicolas Hulot marque "la fin de l'action" d'Emmanuel Macron en la matière, explique-t-il dans un communiqué. "Vue la situation des plus préoccupantes de la biodiversité et du climat, il est hors de question de baisser les bras. Il faudra agir pas à pas, négocier sans relâche avec tous les acteurs pour que jamais, sur rien, il n'y ait de reculs, que des avancées, aussi modestes soient elles", selon lui.

A moins qu’Emmanuel Macron et Édouard Philippe ne décident de choisir une nouvelle fois une personnalité issue de la société civile. Mais avec les risques ce que cela comporte.

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