Qui est Barbara Pompili, la nouvelle ministre de la Transition écologique ?

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Politique

REMANIEMENT - La députée de la Somme Barbara Pompili a été nommée ce lundi pour succéder à Elisabeth Borne au ministère de la Transition écologique. L’ancienne élue EE-LV doit incarner le virage écologique du quinquennat.

Elle est une pousse qui s’est rapidement mise en marche. L’ex-élue EE-LV  Barbara Pompili a été nommée ce lundi 6 juillet à la tête du ministère de la Transition écologique. Un poste pour lequel elle a longtemps été pressentie, elle qui a souvent suivi les pas de son allié François de Rugy. Portrait d’une nouvelle ministre, aussi politique qu’écologique.  

Héritière des Verts

Née dans le Pas-de-Calais, elle se décrit comme une descendante de miniers. Arguant que c’est ce milieu qui lui a ouvert les yeux sur l’écologie et la nécessité d’anticiper les problèmes sociaux à venir, ses atouts pour ce poste sont nombreux. A 45 ans, non seulement elle connaît bien les rouages du pouvoir, mais elle est aussi une experte des questions climatiques. Diplômée de Sciences-Po Lille en 1997, cette élue de la Somme est issue des rangs écologistes, qu’elle rejoint dans les années 2000. Ancienne Secrétaire d'Etat à la Biodiversité dans les gouvernements Valls et Cazeneuve, elle fut assistante parlementaire, avant de devenir la première femme à occuper la présidence d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Elle prend ainsi la tête du groupe écologiste dès son premier mandat de députée à partir de 2012, avec François de Rugy puis Cécile Duflot.  

François de Rugy. C’est avec lui qu’elle quittera, avec fracas, les rangs d’EE-LV en juin 2016. Fustigeant des querelles de chapelles et une prétendue "dérive gauchiste" elle a, comme Jean-Vincent Placé ou  Emmanuelle Cosse, claqué la porte en étrillant un parti devenu à leurs yeux un "astre mort", victime de son "isolement". Un départ pour rejoindre les rangs du tout nouveau-né mouvement "Écologistes!", lancé par son collègue François de Rugy. C’est lui qu’elle soutiendra plus tard pour la primaire de 2017 avant de rejoindre, toujours dans ses pas, les rangs d’Emmanuel Macron. Dès mars 2017, elle s’encarte donc dans un autre parti à point d’exclamation : En Marche ! Devenue "réformiste", ce choix fait d’elle le premier membre de l'ancien gouvernement à soutenir l’actuel chef de l’Etat. 

Un CV et des alliances qui la mettent de nombreuses fois sur le devant de la scène. Son nom a ainsi été cité de nombreuses fois. Au début de la nouvelle législature, certains l'auraient bien vue au perchoir. Mais elle préfère d’abord soutenir son ancien collègue François de Rugy. Lorsque celui-ci prend les rênes de l’Ecologie, après le départ de Nicolas Hulot, elle est alors candidate au perchoir de l'Assemblée nationale pour lui succéder. C’est finalement lors de ce remaniement qu’elle deviendra la présidente de la Commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire à l'Assemblée nationale. 

C’est là qu’elle a, depuis trois ans, fait ses marques au sein de la Macronie. Devenue l’une des chefs de file de l’écologie au sein de la majorité, elle plaide pour un travail depuis "l’intérieur". Barbara Pompili fait notamment partie de l’association "En Commun", qui rassemble une cinquantaine de députés LaREM de sensibilité sociale et écologique. Officiellement constitué à la fin juin afin d’"orienter l’action de la majorité" sur ces sujets - pour reprendre les mots de ses initiateurs - le groupe dit avoir pour vocation de "peser de l'intérieur".  

Une élue obstinée… Mais loyale

Peser mais pour quels combats ?  D’abord, les questions des pesticides et herbicides. La députée a notamment demandé, avec 54 autres élus de la majorité, une interdiction "le plus rapidement possible" du glyphosate. Déclarant dès septembre 2017 que cette substance était "dangereuse" et "reconnue comme cancérigène", (France 2), elle plaidait pour un travail "progressif" et en association avec les agriculteurs.  

Ce débat sur l'herbicide controversé n’est pas le seul dans lequel Barbara Pompili s’est exprimée sans détour. Comme une vingtaine d’autres députés de la majorité, elle avait dénoncé en avril dernier une division par deux des "distances de précaution pour pulvériser les pesticides" à proximité des habitations dans 25 départements et avait proposé en octobre 2019 des "expérimentations" dans 200 territoires pour une "sortie des phytosanitaires" par des bonnes pratiques, avec une aide financière de l'Etat. Son amendement prévoyait notamment d'allouer 50 millions d'euros dans la mission agriculture du budget pour permettre cette expérimentation. 

Plus récemment, en pleine crise du coronavirus, lors de débat sur la souveraineté engagé à l'Assemblée nationale à la demande du groupe LaREM,  elle avait insisté sur les enjeux écologiques. En priorité, la "lutte contre les passoires énergétiques" et les "circuits courts" en matière agricole. Dans une lettre ouverte adressée à l’ancien Premier ministre, elle avait également réclamé une "évaluation climatique des lois" plaidant pour "une transformation méthodologique majeure" dans la façon de légiférer. 

Des idées écologiques qui pourraient plaire au président, lui qui veut s’engager dans un virage vert. Mais qui ne sont pas ses seules préoccupations. Venant de l’aile gauche de la majorité, elle avait par exemple donné son avis sur la réforme des retraites. En pleine contestation sociale, l’élue suggérait, contrairement à l’avis de l’exécutif, de "mettre de côté" la question de l'âge pivot.  

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Des opinions bien marquées, sans cependant faire divergence. SI elle s’est souvent inscrite dans la lignée d’un Matthieu Orphelin, dont elle a notamment signé la tribune pour une "fiscalité carbone juste" ou qu’elle avait suivi en s’abstenant lors du vote sur la loi dite "anticasseurs" en février 2019, elle n’a jamais quitté les rangs de la majorité. Preuve de sa loyauté, la nouvelle ministre de l’Ecologie avait même fait le service après-vente de l’exécutif. Si "beaucoup" restait à faire, elle avait signé une tribune défendant le bilan sur l’écologie après un an de mandat.  

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