Remaniement : partir, revenir ?

Remaniement : partir, revenir ?

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POLITIQUE - Jean-Marc Ayrault poussé vers la sortie, les yeux se tournent désormais vers Manuel Valls. Le nouveau Premier ministre a la lourde tâche de constituer l'équipe gouvernementale "resserrée, cohérente et soudée" voulue par le Président. Quel casting pour le gouvernement Valls ? Metronews fait le point.

Le mercato bat son plein. Fraîchement nommé Premier ministre, Manuel Valls doit maintenant se choisir une nouvelle équipe dont la composition devrait être annoncée mercredi matin. Quelle sera la ligne adoptée ? "Elle se dessine dans les éléments de langages employés par l'Elysée, notamment avec ce gouvernement 'de combat' dont a parlé François Hollande lors de son allocution télévisée", explique pour metronews le politologue Thomas Guénolé.

Mais la recette d'un bon remaniement contient maints autres ingrédients : les relations de travail nouées dans le passé, le souci de "renvoyer l'ascenseur", le poids des différents courants au sein du gouvernement, l'importance de représenter telle ou telle "clientèle électorale" ou encore la parité. Une équation subtile qui laisse peu de place aux pronostics fiables, met en garde Thomas Guénolé. Metronews se risque tout de même à faire le tri parmi les rumeurs et les certitudes.

Ceux qui pourraient partir

On sait déjà que les deux ministres écolos, Cécile Duflot et Pascal Canfin, ne rempileront pas. Leur parti, EELV, a d'ailleurs voté mardi soir sa non-participation au gouvernement Valls. Beaucoup d'autres ministres Ayrault pourraient également prendre la porte. Bien que directeur de campagne de François Hollande en 2012, Pierre Moscovici, strauss-kahnien dans l'âme, pourrait ainsi ne pas rester . Accusé par certains de manquer de poigne à Bercy, il est en outre plombé par la défaite de la liste sur laquelle il figurait à Valentigney (Doubs) aux municipales. De son côté Vincent Peillon, dont la réforme des rythmes scolaires ne s'est pas faite sans mal, se prépare désormais aux européennes pour lesquelles il est candidat dans le Sud. Quant à Christiane Taubira (Justice), récemment destabilisée par l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy, elle a souvent été en désaccord avec Manuel Valls.

Du côté des ministres délégués, un grand ménage serait prévu afin d'obtenir la fameuse équipe "resserrée". Et le respect de la parité ne devrait pas suffir à sauver la peau de George Pau Langevin, Nicole Bricq, Marylise Lebranchu, Sylvia Pinel et Hélène Conway. Yamina Benguigui, qui a à nouveau dû démentir lundi avoir tronqué sa déclaration de patrimoine, est aussi sur la sellette.

Ceux qui pourraient rester

Ayant choisi le populaire Manuel Valls, futur concurrent potentiel, François Hollande pourrait décider de placer des "hollandais" comme garde-fous. L'actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ami du Président depuis 1979, serait ainsi reconduit. Stéphane Le Foll (Agriculture), qui a été son directeur de cabinet durant les 11 années passées rue de Solférino, devrait également rester. Il en va de même pour Michel Sapin, ami de 35 ans rencontré au service militaire, néanmoins en difficulté sur le front du chômage.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg pourraient bénéficier de la "règle" implicite qui veut que le gouvernement reflète la géographie du parti avec ses différentes tendances. Le premier, leader de la gauche du PS, a créé le courant "Un monde d'avance" avant de rejoindre officiellement la majorité. Il pourrait obtenir l'Education, sous la direction de Ségolène Royal. Le second avait remporté 17% des suffrages avec sa motion lors des primaires socialistes en 2011, devenant le troisième homme de la course d'alors. Il resterait au ministère de l'Industrie dont le périmètre serait étoffé. De son côté, Laurent Fabius est donné restant au Quai d'Orsay.

Dans la jeune garde, il serait étonnant que Najat Vallaud-Belkacem sorte, d'autant qu'elle représente un électorat jeune et féminin. Elle serait intéressée par la Culture. Le Nouvel Observateur parle de la Famille ou de la Jeunesse. 

Ceux qui pourraient entrer

Pour compléter l'équilibre entre les courants de la majorité, les radicaux orphelins de Taubira pourraient se voir représenter par le sénateur Jean-Michel Baylet, selon Le Point .

Des rumeurs annoncent l'arrivée possible de Louis Gallois, l'ex-président d'EADS, auquel François Hollande avait commandé un rapport sur la compétitivité. Le placer à la tête d'un grand ministère de l'Economie et de l'Industrie enverrait un signal fort aux entreprises. Manuel Valls souhaiterait également nommer Anne Lauvergeon, l'ancienne dirigeante d'Areva, peut-être à Bercy selon Le Figaro .

Enfin, son nom est cité depuis des mois pour une possible entrée au sein du gouvernement : Ségolène Royal pourrait bénéficier d'un renvoi d'ascenseur après son soutien à François Hollande en 2012 et décrocherait l'Education, selon Libération . Bertrand Delanoë pourrait aussi faire son entrée, à la Justice, et François Rebsamen, le patron des sénateurs socialistes, à l'Intérieur.

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