Remaniement : un gouvernement resserré, vraiment ?

Remaniement : un gouvernement resserré, vraiment ?

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DECRYPTAGE – Le nouveau gouvernement a été dévoilé mercredi avec une équipe paritaire et réduite de 16 membres. Mais elle devrait être complétée la semaine prochaine par plusieurs secrétaires d'Etat. Ce qui devrait réduire à néant les promesses de gouvernement resserré, intenable sous la Ve République.

Un gouvernement "resserré" et "paritaire". La feuille de route tracée par François Hollande laissait peu de place à Manuel Valls pour s'entourer d'une équipe pléthorique. A première vue, le nouvel hôte de Matignon a rempli sa mission : outre lui-même, ils sont 16 ministres de plein exercice à intégrer le gouvernement, contre 20 sous l'ère Ayrault. Mais la promesse sera-t-elle de courte durée ? Des secrétaires d'Etat devraient en effet être nommés la semaine prochaine. Et venir accréditer la thèse selon laquelle la promesse d'une équipe restreinte s'avère une chimère de la Ve République.

Un gouvernement resserré pour une com' plus fluide, une réduction des coûts de fonctionnement ou moins de couacs... le leitmotiv revient tel un marronnier. Mais rares sont ceux à relever le challenge, la plupart des gouvernements comprenant au moins 25 ministres, ministres délégués ou secrétaires d'Etat. Certains chefs de l'exécutif, d'Edith Cresson à Raymond Barre, ont frisé la quarantaine de membres. Record pour Michel Rocard, avec 49 personnes dans son gouvernement ! Seul Fillon I, en 2007, parviendra à atteindre un seuil symbolique (15 ministres, 4 secrétaires d'Etat et un haut-commissaire). Las. Un mois plus tard, après les élections législatives, 10 secrétaires d'Etat viendront grossir les rangs.

"Ce genre de promesse ne dure qu'un jour"

Comment expliquer cette tradition française, quand nos voisins – les gouvernements italiens et allemands se composent de 16 et 17 membres – font figure d'exemples ? Par définition, une majorité politique se compose de plusieurs courants. Difficile de leur refuser un maroquin... Autre explication, le bras long du pouvoir exécutif : en France, il gère à tout-va, entre l'Economie Numérique, la Forêt ou les Anciens combattants. Exemple ces jours-ci : en composant son gouvernement, Manuel Valls n'a désigné personne aux Relations avec le Parlement. Nul doute qu'un secrétaire d'Etat devrait être nommé pour faire la navette entre Matignon et l'Assemblée...

Enfin, on se souvient que le nombre de conseillers pour chaque cabinet avait été limité au début du quinquennat : 15 pour un ministre, 10 pour un ministre délégué. Des équipes réduites qui poussent à augmenter le nombre de portefeuilles. Une équipe restreinte ? "Je pense que ce genre de promesse ne dure qu’un jour, la veille de la composition du gouvernement", assurait en mai 2012 au Dauphiné Libéré un homme politique. Son nom ? François Hollande.

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