Cédric Villani, candidat à Paris : "Si le Président avait voulu exprimer de la réprobation, il l’aurait fait explicitement"

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INTERVIEW - Député de l’Essonne et candidat dissident LaREM à la mairie de Paris, Cédric Villani était l’invité d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI vendredi 20 septembre. Il est notamment revenu sur les appels à l’unité prodigués par Emmanuel Macron et les critiques sur son programme.

Dans le cadre de son interview politique sur LCI, Élizabeth Martichoux recevait ce vendredi matin Cédric Villani. Le député de l’Essonne a fait acte de candidature à la mairie de Paris alors que son parti, La République en marche (LaREM), lui a préféré Benjamin Griveaux. Lundi, lors de son discours devant les parlementaires de la majorité, Emmanuel Macron a semblé mettre en garde le dissident en déclarant : "Ce qui est attendu de nous collectivement est de réussir à prendre des décisions et donc à investir, de passer outre les déceptions, de ne pas nous diviser et de toujours savoir d’où l’on vient. Quand certains disent que la Commission nationale d'investiture est illégitime, ils oublient qu’ils en sont issus. Ce qui est mortel en politique, c’est la division."

"Franchement, je ne me sens pas visé, réagit Cédric Villani ce vendredi. Le soir même, l’Élysée a publié un communiqué pour dire que ces propos ne me visaient pas. Un conseiller m’a même appelé pour me le dire de vive voix. Les médias aiment la mise en scène, mais ce n’est pas mon affaire. Si le Président avait voulu exprimer de la réprobation par rapport à ma démarche, il l’aurait fait explicitement."

"Hugues Aufray est une voix inspirante, et on a besoin d'inspiration"

Plus largement, le candidat se défend d’être un dissident. "Je ne suis pas un dissident mais un indépendant, clame-t-il. Ce n’est pas une démarche de révolte mais une démarche parfaitement libre et sereine. (…) Je ne m’occupe pas des étiquettes. J’essaie au contraire de garder de bonnes relations avec tout le monde, dans une démarche de réconciliation des familles politiques."

Un discours qui rappelle celui de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron et les premières heures du mouvement En Marche !, ce qui, à l’entendre, n’a rien d’un hasard : "Oui, de nombreux membres de mon équipe sont issus de l’ancienne équipe du candidat Macron. Ils me disent qu’ils retrouvent justement dans ma démarche ce pour quoi ils s’étaient engagés auprès de LaREM."

Quid d’Hugues Aufray, 90 ans et ne résidant pas à Paris, dont nous venons d’apprendre qu’il a rejoint son équipe de campagne ? "C’est un très grand artiste. Et à 90 ans, il a un niveau d’énergie incroyable. Il n’a pas spécialement de rapport avec Paris mais il en un avec moi en particulier. Nous partageons les mêmes convictions, à savoir que la science, la culture, la poésie participent d’un même mouvement, celui du rassemblement. Il ne rédigera rien dans mon programme mais c’est une voix inspirante, et on a besoin d’inspiration dans une campagne", justifie le candidat.

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En attendant, la rédaction de ce programme dans les prochains mois, Cédric Villani prévoit de consacrer une heure hebdomadaire à un dialogue "approfondi" avec les Parisiennes et les Parisiens. Et, contrairement à Benjamin Griveaux qui s’est prononcé pour un moratoire dédié aux (trop) nombreux chantiers dans Paris, lui plaide pour "une planification plus rigoureuse des travaux", en arguant que c’est "le rôle de la mairie d’éviter l’embolie de la ville" et qu’il ne faut "pas dresser les Parisiens les uns contre les autres". Le mathématicien a, du reste, assuré devant Élizabeth Martichoux qu’il irait "jusqu’au bout", et qu’il ne se rallierait donc à aucun autre candidat.

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