Violences conjugales : Nicole Belloubet vise une mise en place du bracelet électronique anti-rapprochement "début 2020"

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L’INTERVIEW POLITIQUE - La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, était l’invitée d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI mercredi 4 septembre. L’occasion de revenir sur la mise en oeuvre des mesures annoncées la veille dans le cadre du Grenelle des violences conjugales.

"Il y a des dysfonctionnements, il faut s’attaquer à cela". Invitée de l’interview politique d’Elizabeth Martichoux mercredi 4 septembre sur LCI, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, est notamment revenue sur les lacunes de la lutte contre les violences conjugales. 

Sur les violences faites aux femmes

Indiquant qu’il lui était "arrivé d’entrer en contact avec des personnes qui avaient subi des violences", la ministre a déclaré : "Il y a encore des dysfonctionnements (dans la prise en charge des victimes et le suivi, ndlr), il faut s’attaquer à cela (…). Il faut resserrer les boulons pour qu’il y ait aucun interstice dans la prise en charge d’une femme victime de violences. Et malheureusement, il y en a." 

"Il était important  de redire aux procureurs notamment que la lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité de notre gouvernement", a ajouté  la ministre de la Justice.  

Sur le développement de la plainte en ligne

Concernant les violences, la ministre a rappelé qu’il y avait "les blessures physiques et l’accompagnement de la femme vers la plainte". "Nous allons développer la plainte en ligne. Le dispositif numérique n’est pas encore tout à fait près mais il le sera en 2020", a-t-elle assuré. 

Sur le refus d’un gendarme d’aider une femme en danger

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"Evidemment, c’est très choquant. Je ne veux pas incriminer la personne. La question est la protection que l’on doit à toute personne victime de violences (…) Je ne suis pas favorable à l’incrimination de telle ou telle personne ou tel fonctionnaire. Je suis favorable à l’interrogation du système même, c’est  ça qu’il faut résoudre", a-t-elle dit. "Nous devons répondre prioritairement aux dysfonctionnements", a renchéri la ministre.

Sur le bracelet électronique anti-rapprochement

"On va décider d’une distance à partir de laquelle l’alerte sonnera au commissariat et déclenchera immédiatement la venue des forces de l’ordre". "Il est important que les forces de police interviennent sans appréciation sur les lieux". 

"Nous avons considéré que le danger ne réside pas seulement dans le conjoint qui a déjà été condamné, mais dès le début de la relation violente. Pour cela nous avons besoin d’une législation pour que le bracelet puisse être porté avant même une condamnation. Il faut que le juge se prononce avant, bien sûr, pour autoriser ce port de bracelet avant toute condamnation."

 "L'objectif, c'est début 2020", indique la ministre pour la mise en place du dispositif dont elle estime le coût à "5 ou 6 millions d'euros".

Sur la chaîne humaine de parents à Saint-Denis pour protester contre la présence de dealers

"Pour moi la question des stupéfiants est une question majeure, c’est une question qui détruit notre société. Cela détruit des jeunes, des réseaux se constituent", a déploré la Garde des Sceaux. 

Un plan de lutte contre les stupéfiants va être annoncé prochainement par le gouvernement, a déclaré  Nicole Belloubet. Nous travaillons main dans main avec les forces de l’ordre. Nous travaillons avec les enquêteurs pour remonter les filières". La ministre a reconnu par ailleurs que la ville de Saint-Denis était  "un problème global sur lequel la justice doit faire un effort". 

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