Marc Fesneau : "On doit être capable de débattre de l’immigration sereinement"

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INTERVIEW - Marc Fesneau était l’invité d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI mercredi 18 septembre. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement est notamment revenu sur le choix d’Emmanuel Macron de considérer le thème de l’immigration comme prioritaire.

Dans le cadre de son interview politique sur LCI, Élizabeth Martichoux a reçu ce mercredi matin Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement. C’est au sein de son ministère qu’Emmanuel Macron a tenu, lundi, un discours offensif face aux parlementaires de la majorité, les avertissant notamment contre l'indulgence dont ils feraient preuve sur le thème de l'immigration, qui fera l’objet d’un nouveau débat à l’Assemblée nationale et au Sénat le 30 septembre.

Le chef de l’État marche-t-il ainsi dans les pas de l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy ? "Pas du tout, répond fermement Marc Fesneau. Le sujet, c’est la politique migratoire de la France et de l’Europe. Ce discours, c’était simplement une manière de le mettre en avant."

Le ministre rappelle au passage qu’Emmanuel Macron avait déjà évoqué le sujet en décembre dernier, en pleine crise des Gilets jaunes. "Ce n’est donc pas une surprise en tant que telle, argue-t-il. Le Président n’a pas durci son discours. Mais dans ce pays, dès qu’on évoque ce sujet, une crise commence. On doit pourtant pouvoir en débattre sereinement, se demander quels sont les bons outils, les écueils à éviter, comment évaluer notre politique migratoire. Ce n’est pas un mal."

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Élizabeth Martichoux lui fait alors remarquer qu’il y a un an jour pour jour, était adoptée au Parlement la loi asile et immigration concoctée par le gouvernement, "pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie". Quelle nécessité, dès lors, de rouvrir un débat sur ce thème en 2019 ? 

"Un an après, on peut regarder une loi et faire son bilan, explique Marc Fesneau. Cette loi avait pour fondement principal de regarder de plus près les demandes d’asile, pour ne pas laisser des gens s’installer dans la précarité. Qui peut prétendre atteindre la perfection sur un tel sujet ? Le 30 septembre, la question sera : pourquoi  toutes ces demandes d’asile venant de pays sûrs, comme la Géorgie ou l’Albanie ? On ne parle pas de réfugiés syriens… L’idée sera de comparer les situations entre les différents pays et de regarder globalement quelle est notre politique de traitement et d’accueil, pour y répondre le plus rapidement possible."

Avant même ce nouveau débat, le ministre plaide pour "une harmonisation européenne du regard de ces demandes d’asile" et s’indigne qu’on puisse assimiler la démarche du gouvernement à une tentative de récupération des idées de Marine Le Pen. "Ce week-end, elle a parlé d’une fracture territoriale dans le pays. Parce qu’elle l’a dit, on n’aurait pas droit de se saisir du sujet ? Elle n’orientera pas notre politique. Peut-on se dire qu’il y a un sujet migratoire en Europe et qu’il faut qu’on en parle ? Ce n’est pas parce qu’elle essaie de l’exploiter que nous ne devons pas traiter la question de fond. C’est un sujet de préoccupation des Français. C’est ça, notre terrain."

Enfin, Marc Fesneau a été interrogé sur l’épineuse question de l’aide médicale d’État (AMA) aux personnes en situation irrégulière. "Matignon va rendre un rapport sur cette question dans les prochains jours. Ce dispositif existe pour des motifs humanitaires, on ne veut pas revenir sur son fondement et ses principes. Une situation sanitaire n’a rien à voir avec les papiers. Maintenant, on veut savoir ce qui marche dans dispositif, et ce qui ne marche pas. S’il faut ajuster, améliorer, nous le ferons, mais son budget ne baissera pas", a-t-il assuré.

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