REPLAY - Municipales à Marseille, débat sur l'immigration, rapports avec la police... L'interview exclusive de Jean-Luc Mélenchon sur LCI

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

ENTRETIEN - Pour la première fois depuis son procès pour "rébellion", Jean-Luc Mélenchon répond aux questions d'Amélie Carrouer, sur LCI. Durant ce long entretien, le leader des Insoumis revient notamment sur sa vision de la police et des magistrats, le débat parlementaire sur l'immigration mais aussi sur les municipales. Il confirme à l'occasion qu'il ne sera pas candidat à Marseille.

Il a reçu LCI avec le port de Marseille, sa ville d'élection, en toile de fond. Pour la première fois depuis son procès pour "rébellion" dans l'affaire de la perquisition du siège de LFI il y a un an, Jean-Luc Mélenchon s'exprime dans un long entretien de près de 50 minutes.

Il revient notamment sur l'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris, sur l'organisation actuelle des forces de l'ordre en France, sur le débat sur l'immigration organisé lundi à la demande du gouvernement mais également sur la stratégie de LFI, bousculée aux Européennes, pour les élections municipales de 2020. Résumé. 

"Sidéré" par l'attaque de la préfecture de police

Interrogé à propos de l'attaque meurtrière de la préfecture de police par Mickaël Harpon, un cadre administratif qui y travaillait, le député des Bouches-du-Rhône a expliqué avoir été "sidéré" par l'image des quatre policiers tués, "foudroyés dans un acte de démence". "On pense d'abord aux familles. Il ne faut pas que l'agitation fasse oublier l'aspect humain", explique-t-il.

Questionné sur de possibles failles dans le dispositif de surveillance d'individus radicalisés, il juge qu'il y a "vraiment un problème dans la façon dont la police est organisée. On l'avait déjà vu dans la doctrine de la force [lors des manifestations, NDLR], et maintenant on découvre que l'organisation interne de la police pose problème. On aurait recruté quelqu'un qui présente de graves troubles mentaux et peut-être des adhésions idéologiques qui posent problème en plein milieu d'un service de renseignement", relève Jean-Luc Mélenchon, qui pointe la responsabilité de Christophe Castaner et estime qu'il est "l'heure d'un grand ménage et d'une grande réorganisation de tout ce qui touche à la police et à son fonctionnement". 

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"Je croyais à la police, à la justice, ça a changé"

Dans cet entretien, Jean-Luc Mélenchon revient également sur les propos polémiques tenus en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites, lors de laquelle il avait qualifiés des policiers de "barbares". "Je m'adressais à quelqu'un qui me parlait presque en ami", explique-t-il. "Je lui ai dit attention, c'est dangereux... Je désapprouvais le fait que vingt-cinq personnes aient été éborgnées [lors des manifestations des Gilets jaunes, NDLR]. Le samedi précédent, la manifestation pour le climat avait été immédiatement arrosée de lacrymogènes et de grenades de désencerclement". 

"Ceux qui ont tiré délibérément sur des gens pour crever un oeil, oui ce sont des barbares", explique le leader LFI. "Mais étendre cela à tous les fonctionnaires, ça n'a pas de sens."

Jean-Luc Mélenchon explique aussi, dans le contexte de son procès pour rébellion, être revenu sur certaines convictions à l'égard de la justice. "Je croyais à la justice, à la police... Oui, ça a changé fondamentalement", assure-t-il. "Il y a une conception républicaine de la police, c'est la police de proximité [...] Quant aux juges... Comment puis-je adhérer à un système où je peux être dénoncé par le parquet, auditionné par la police, et retrouver au procès le parquet et la police qui vient témoigner ?"

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L'immigration, Emmanuel Macron "en fait un fantasme"

Alors que le premier débat sur l'immigration voulu par le chef de l'Etat se tenait lundi à l'Assemblée, avant un second débat mercredi au Sénat, Jean-Luc Mélenchon reproche à Emmanuel Macron "d'en faire à nouveau un fantasme". 

Le leader Insoumis rappelle que de nombreuses lois ont été votées en la matière et que "personne ne les a évaluées". "Elles ont donné lieu à beaucoup d'aberrations. On finit par s'habituer à une forme de violence", estime-t-il, réfutant que des habitants des quartiers populaires puissent "souffrir" de l'immigration. "Les milieux populaires ne sont pas 'confrontés' à l'immigration, ils vivent avec elle", assure Jean-Luc Mélenchon, répondant à Emmanuel Macron. 

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Municipales : "Je ne serai pas candidat à Marseille"

Le leader LFI ne sera pas candidat aux municipales de 2020.  Il confirme une fois pour toutes ce qu'il avait déjà laissé entendre, quitte à décevoir certains soutiens qui le voyaient partir à l'assaut de Marseille. "Je ne serai pas candidat à Marseille, ni ailleurs dans le pays", tranche-t-il. "D'ailleurs, il n'y aura pas de listes insoumises parce que ce n'est pas notre ligne [...] Notre stratégie est compliquée. Nous souhaiterions unifier d'une part les formes d'organisations de la population, et les organisations politiques."

Quant à l'élection présidentielle de 2022 ? "C'est loin. Je suis bien obligé d'y penser puisque j'ai déjà été candidat deux fois et qu'on n'arrête pas de me parler de ça. Il y a des gens qui croient que c'est un enchantement. Non... Etre candidat c'est une souffrance terrible [...] Je ne me lève pas chaque matin en pétaradant d'allégresse à l'idée de remonter sur la croix."

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