Municipales : duels, triangulaires, quadrangulaires... Dans quelles conditions une liste peut-elle se maintenir au second tour ?

Municipales : duels, triangulaires, quadrangulaires... Dans quelles conditions une liste peut-elle se maintenir au second tour ?
Politique

ÉLECTIONS - Le possible éparpillement des voix entre plusieurs formations politiques concurrentes pourrait multiplier les triangulaires, voire les quadrangulaires lors des prochaines élections municipales. L'occasion de rappeler ce qui permet à une liste de se maintenir au second tour.

Des élections qui pourraient s'avérer plus indécises que jamais. A Paris, Lyon, Montpellier et dans bien d'autres agglomérations françaises, les sondages d'intention de vote réalisés à ce jour laissent penser que des listes concurrentes arriveront au soir du premier tour avec des écarts de voix particulièrement faibles.

Dans un contexte d'éclatement des formations politiques, depuis l'élection d'Emmanuel Macron et donc des électeurs, ce n'est pas une, ni deux, mais trois, quatre, voire davantage de listes qui pourraient se retrouver, le 15 mars au soir, en situation de se maintenir au second tour. Dans cette perspective, voici un petit rappel des conditions dans lesquelles un candidat peut poursuivre la campagne si un second tour est organisé dans sa ville. 

La règle des 10%

Une confusion est régulièrement faite entre les élections législatives et les élections municipales. Pour les législatives - scrutin uninominal majoritaire à deux tours -, le candidat doit avoir obtenu au premier tour un nombre de voix égal à 12,5% du nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription pour pouvoir se maintenir. Dans le cas spécifique où un seul candidat en lice aurait atteint ces 12,5%, son concurrent ayant obtenu le plus grande nombre de suffrages après lui pourra se maintenir au second tour. 

Dans le second cas, celui des municipales, la règle diffère. Dans les communes de plus de 1000 habitants - scrutin proportionnel, de liste, à deux tours avec prime majoritaire -, les listes doivent avoir obtenu au moins 10% des suffrages exprimés pour pouvoir se maintenir au second tour. Une liste ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés aura en outre le droit de fusionner, en vue du second tour, avec une liste ayant dépassé la barre fatidique des 10%. 

Dans les communes de moins de 1000 habitants - scrutin majoritaire, plurinominal à deux tours -, un candidat ne peut l'emporter dès le premier tour que s'il cumule ces conditions : une majorité absolue des suffrages exprimés, et un nombre de suffrages au moins égal à 25% du nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, un second tour est organisé d'office, et le candidat est élu à la majorité relative, quel que soit le nombre de votants. 

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La possibilité d'une triangulaire ou plus

Dans les villes de plus de 1000 habitants où les écarts s'annoncent faible entre les candidats favoris, la possibilité d'assister non à un duel, mais à une triangulaire, voire une quadrangulaire ou même une quinquangulaire, est logiquement plus importante. 

Si l'on s'en tient au sondage Harris Interactive-Epoka réalisé pour LCI le 3 mars, 4 listes seraient susceptibles de se maintenir au second tour : Rachida Dati (25%), Anne Hidalgo (24%), Agnès Buzyn (17%) et David Belliard (11%). On assisterait dans cette hypothèse à une quadrangulaire dans la capitale, si l'on fait abstraction d'un possible ralliement d'une liste à une autre entre les deux tours. 

A Montpellier, le sondage Ifop pour Midi Libre publié le 5 mars laisse envisager, de la même manière, une triangulaire entre le maire sortant Philippe Saurel et ses deux challengers, Mohed Altrad et Michaël Delafosse. A Lyon, l'enquête Ifop du 1er mars laisserait envisager une quadrangulaire au second tour. 

A noter que dans les grandes villes dotées d'arrondissements (Paris, Lyon, Marseille), l'élection du maire ne découlera pas automatiquement des résultats du second tour. Les nouveaux conseillers municipaux (ou "conseillers de Paris" dans la capitale) siégeront après le scrutin en vue d'élire le nouveau maire. Une désignation qui se fait lors d'un premier ou d'un second tour à la majorité absolue, et si nécessaire lors d'un troisième tour à la majorité relative. On comprend donc qu'il pourrait se passer beaucoup de choses sur le front des alliances électorales entre le soir du premier tour et le jour de l'élection des maires de ces grandes villes. 

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