Elections : la vague REM trébuche sur les marches du Sénat, la droite exulte, la gauche résiste

SCRUTIN - Si elle était prévisible, la défaite des candidats de La République en marche aux élections sénatoriales de dimanche est plus lourde que ne l'avait anticipé le mouvement d'Emmanuel Macron. La droite sort victorieuse, avec près de 150 élus sur les 171 sièges en jeu. Le PS et le PCF se maintiennent, le FN est absent.

François Patriat, le patron du jeune groupe REM au Sénat, était beaucoup trop optimiste lorsqu'il annonçait 60 sièges pour le mouvement d'Emmanuel Macron. Au soir des élections sénatoriales, qui remettaient en jeu dimanche 171 sièges sur 348, la vague REM vient de s'écraser aux portes du Sénat. 


Avec seulement 23 à 27 sièges conquis - contre 29 dans le groupe constitué provisoirement cet été, le mouvement qui avait bouleversé les équilibres politiques il y a à peine trois mois à l'Assemblée nationale est largement devancé par les autres formations, et perd même des élus en route. 

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F Patriat : "le scrutin de ce soir ne va rien changer à la volonté du gouvernement"

LR, grand vainqueur

La droite LR, qui détient désormais 143 à 159 sièges, confirme et amplifie sa domination sur la chambre haute, contre 142 sièges dans l'assemblée sortante. En deuxième position, le groupe socialiste pourra compter sur un groupe de 72 à 79 sénateurs - une véritable respiration pour le parti, tant maltraité lors des législatives, qui ne perd finalement qu'une dizaine de sièges. Les centristes de l'UDI gagnent une dizaine de sièges, ce qui portera leur groupe à une cinquantaine de sénateurs. 


Les élus communistes, qui jouaient gros dans cette élection, parviennent à garder un groupe au Sénat avec 12 à 13 sièges conservés. Le FN, qui n'a gagné aucun siège dimanche, devra se contenter des deux sièges de sénateurs qui n'étaient pas remis en jeu dans le cadre de ce scrutin. Enfin, les écologistes ont sauvé 4 sièges, contre 12 pour les Radicaux. 


"C'est la voix des territoires qui s'est exprimée", s'est réjoui le président du Sénat, Gérard Larcher, candidat à sa propre réélection à la tête de la chambre haute. "Le message me paraît clair : les élus locaux ont besoin de stabilité, de prévisibilité, d'une relation de respect et de confiance avec l'exécutif qui ont parfois manqué ces derniers temps", a-t-il ajouté, faisant référence aux mesures d'économies imposées par Emmanuel Macron aux collectivités locales. 

Double analyse

Pour expliquer la déroute des candidats REM, deux analyses étaient avancées dimanche soir. Les opposants à la majorité présidentielle, à l'instar du sénateur LR Bruno Retailleau, ont vu dans cette déconvenue les premiers effets de la politique de l'exécutif, estimant que "la lune de miel entre Emmanuel Macron et les Français est terminée". "Les grands électeurs ressentent les choses, et beaucoup de maladresses ont été commises à l'égard des élus locaux", a jugé le président du groupe LR au Sénat.


A l'inverse, les partisans d'Emmanuel Macron ont souligné que les "grands électeurs" qui votaient lors de ce scrutin étaient issus des élections municipales et départementales, antérieures à la victoire d'Emmanuel Macron, lors desquelles la droite était arrivée largement en tête. Cette victoire serait donc mécanique et prévisible, le mouvement REM étant encore jeune. Il n'empêche que, face à cet échec cuisant, l'exécutif sait désormais qu'il devra compter sur les bonnes volontés au Sénat, à droite comme à gauche, pour trouver la majorité nécessaire à la réforme constitutionnelle qu'il a promise aux Français. Car pour modifier la constitution, Emmanuel Macron doit pouvoir disposer de 2/3 des parlementaires (sénateurs et députés) . Ce qui semble, pour l'heure, hypothétique. 

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