Seulement quatre élus d’office, une seule triangulaire... Comment expliquer ce grand chambardement

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PARLONS CHIFFRES - Comment passe-t-on de 34 triangulaires en 2012 à seulement une en 2017 ? De 35 élus d’office au premier tour à seulement 4 ? LCI s’est plongé dans les chiffres et vous expliquent le grand chambardement survenu depuis le dernier scrutin des législatives.

Les quinquennats passent, les configurations changent. Mais sûr que celle-ci restera dans les annales. Entre le scrutin de 2012 et celui de 2017, le contexte politique a changé, et cela se traduit dans les chiffres de l’après-premier tour. LCI se penche sur les chiffres et vous décrypte cela.

35 élus d’office en 2012, seulement 4 en 2017

En 2012, 35 candidats avaient été élus dès le premier tour. Cette année, les choses sont beaucoup, beaucoup plus serrées, et seulement quatre candidats sont directement élus. Un nombre exceptionnellement bas, par rapport aux précédents scrutins, de 2012 (35) et, encore plus, de 2007 (110 élus direct). 


Les quatre heureux élus cette année sont donc : Napole Polutele (Divers Gauche), qui se qualifie sur la 1ere circonscription de Wallis-et-Futuna, avec  50, 2% des voix, porté par un fort taux de participation (81, 3%) ; second qualifié d’office : Stéphane Demilly (Union des démocrates et indépendants) qui, avec 53, 8 % des suffrages, devient député de la Somme. 


Deux candidats de la République en marche se retrouvent aussi élu directement : Sylvain Maillard, qui récolte 50, 8% des voix sur la 1ere circonscription de Paris, et Paul Molac, lui aussi REM, qui se qualifie dans la 4e circonscription du Morbihan. 


Comment expliquer ce faible nombre d’élus au premier tour ? Sans doute en grande partie par la très forte abstention (51,29 % contre 42, 8% en 2012), et par le mode de scrutin. Pour être élu directement, il faut dépasser les 50 % des suffrages exprimés, mais également la barre des 25 % des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription. Ce qui est difficile à atteindre en cas de faible participation.

46 triangulaires potentielles en 2012, une seule en 2017

Là aussi, le "dégagisme"  a eu une conséquence directe : les écarts de voix entre les candidats sont forts, ce qui a fait place nette dans de nombreux cas pour le second tour. Alors qu’en 2012, 46 circonscriptions étaient en situation de proposer des triangulaires au second tour – au final, après désistements ou alliances, seules 34 ont eu lieu -, seule une circonscription est dans cette configuration en 2017.  


La seule triangulaire de 2017 se joue donc dans la 1ere circonscription de l’Aube.  Et elle promet d’être serrée. S’y affrontent Grégory Besson-Moreau (REM) qui affiche 30% des voix au premier tour ; le député sortant Nicolas Dhuicq (LR) avec 26% des voix, et Bruno Subtil (FN), avec 25% des voix. La participation dans cette circonscription a été de 52%. Dans les prochaines heures, les candidats diront s'ils se maintiennent tous ou non, mais il y a de fortes chances que le candidat du FN refuse de se désister. 


Si la différence du nombre de triangulaire est spécialement frappante par rapport à 2012, il faut noter que cette année-là, le nombre de triangulaires avait cependant été un record, avec une percée des candidats FN, qui avaient refusé de se désister au second tour. Mais en remontant plus loin, lors du scutin de 2007, une seule triangulaire avait eu lieu, après désistement de 11 candidats dans chacune de leurs circonscriptions. 


Le retour à un très faible nombre de triangulaires cette année s’explique aussi mécaniquement par la très faible participation. Le scrutin majoritaire uninominal à deux tours implique en effet qu’un candidat doit obtenir un score supérieur ou égal à 12, 5% des inscrits pour se qualifier. Dans le cas où 50% des électeurs ont participé au scrutin dans une circonscription, cela signifie qu'un candidat doit obtenir un score supérieur ou égal à 25% des suffrages exprimés pour se qualifier pour le second tour. Ce qui limite le passage au second tour. 

Autre explication possible, les forts scores des candidats REM dans nombre de circonscriptions, ce qui laisse parfois peu de voix à se partager entre les autres candidats. 

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