Rétablir l'ISF face à la crise ? "L'idéologie fiscale n'a jamais fait de bonnes politiques", répond Darmanin

Rétablir l'ISF face à la crise ? "L'idéologie fiscale n'a jamais fait de bonnes politiques", répond Darmanin
Politique

FISCALITE - Invité du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, Gérald Darmanin a jugé qu'une hausse d'impôts ou un rétablissement de l'ISF ne seraient pas une solution pour relancer l'économie française. Le ministre des Comptes publics plaide pour l'amélioration du pouvoir d'achat, en passant notamment par la généralisation de l'intéressement des salariés.

Devra-t-on faire appel à la fiscalité pour relancer l'économie française déstabilisée par la crise sanitaire ? "Ce n'est pas le choix du gouvernement", a martelé Gérald Darmanin, dimanche lors du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro

Alors que la dette de la France pourrait, selon lui, dépasser les 115% à la fin de l'année du fait des investissements massifs que l'Etat a dû consentir pour empêcher l'effondrement de l'économie, le ministre des Comptes publics a notamment répondu aux partisans d'un rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI) au début du quinquennat d'Emmanuel Macron. 

"L’idéologie fiscale n’a jamais fait de bonne politique", a-t-il jugé. "La fiscalité sert à aider le pays à mieux fonctionner, à faire fonctionner les services publics. J’ai vu ce que c’était l’ISF à Tourcoing [la ville dont il est maire, NDLR] : les riches partaient en Belgique, les pauvres restaient à Tourcoing", a-t-il argumenté, assurant que la suppression de l'ISF - un manque à gagner généralement estimé à 3 milliards par an - avait permis de rétablir la confiance des entreprises. 

Hostile à toute augmentation d'impôt

Plus généralement, le ministre s'est dit opposé à toute augmentation d'impôt pour répondre à la crise, indiquant que le gouvernement avait fait le choix de "faire confiance aux entreprises" en s'endettant. "La croissance crée la richesse qui permet de rembourser cette dette [...] Nous faisons le pari de l'action économique", a-t-il fait valoir. 

Gérald Darmanin a ainsi retoqué l'idée - émanant notamment du mouvement LaREM - d'augmenter la fiscalité sur les successions. "Je suis très défavorable à la fiscalité sur les transmissions", a-t-il répondu.

"Il y a deux choses à éviter : l’idéologie fiscale, et l’augmentation généralisée des salaires, a priori très sympathique, mais qui tue l’emploi", a ajouté le ministre des Comptes publics. "Il faut augmenter le pouvoir d’achat des Français en diminuant les impôts et en relançant la participation des salariés." 

Il suggère de généraliser participation et intéressement

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Comme il l'a fait dans une interview au Parisien publié dimanche, Gérald Darmanin a proposé lors du Grand Jury de relancer le pouvoir d'achat en "généralisant" la participation et l'intéressement des salariés au sein des entreprises, une idée héritée du général de Gaulle qui s'est développée lentement en France. "Je propose que l’on rende la participation obligatoire ainsi que l’intéressement. Il faut tout simplifier, il faut que ce soit social et pour tout le monde", a-t-il défendu. 

Pour permettre cette généralisation, le ministre des Comptes publics suggère de "retirer tout ou partie de l'impôt sur le revenu payé par les salariés sur cette participation". 

La généralisation de l'intéressement des salariés figure également parmi les propositions du mouvement LaREM en vue de la relance de l'économie française. 

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