"Rétablir quelques vérités" : le directeur de l'ENA monte au créneau pour défendre son école, menacée de fermeture

Politique

TRIBUNE - Menacée de fermeture ces dernières semaines, l'ENA pourrait voir son sort scellé jeudi lors de la conférence de presse d'Emmanuel Macron. Dans une tribune dans Le Figaro, le directeur de l'école, Patrick Gérard, a pris la parole pour défendre l'établissement.

Dans une tribune parue ce mercredi dans Le Figaro, le directeur de l'École nationale d'administration (ENA), Patrick Gérard, est monté au créneau pour défendre son école, alors qu'une fermeture de l'établissement a été évoqué ces dernières semaines et pourrait même être annoncé par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse jeudi. 

Se défendant de vouloir "participer au débat actuel sur l'avenir de l'ENA, qui sera tranché par le président de la République", il considère qu'il est de son "devoir de rétablir quelques vérités" face aux critiques visant l'école. Des critiques qui "choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels".

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Patrick Gérard nie tout favoritisme

Dans cette tribune, Patrick Gérard démonte tour à tour les idées reçues autour de l'école. "Non, les élèves de l'ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens", écrit-il à propos de ses étudiants, qu'il estime "sincèrement soucieux de s'engager pour leur pays, pour l'intérêt général et le bien commun". 

"Non, les élèves de l'ENA n'y sont pas entrés par favoritisme. Ils ont tous passé un concours exigeant" défend également Gérard, justifiant que "l'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire." Il insiste aussi sur le fait que la création de l'ENA en 1945 était justement destinée à enrayer "un système de cooptation favorisant de façon incontestée les fils des cadres dirigeants alors en place."

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Non, les élèves de l'ENA ne se confondent pas avec le pouvoir politique- Patrick Gérard, directeur de l'ENA dans Le Figaro.

"L'administration reste dans notre pays l'un des moteurs de l'ascenseur social si l'on veut bien l'observer sur deux générations" ajoute Patrick Gérard, qui estime que l'ENA a été "profondément rénovée". "Non, les élèves de l'ENA ne sont pas coupés des réalités de leur époque. (...) Non, les élèves de l'ENA ne sont pas fermés sur eux-mêmes. Ils partagent leur scolarité avec des élèves internationaux qui regardent l'ENA comme l'un des grands atouts de la France" se félicite-t-il, avant de nier toute affinité avec le pouvoir politique : "Non, les élèves de l'ENA ne se confondent pas avec le pouvoir politique."

Enfin, le directeur de l'école a tenu à préciser que l'ENA bénéficiait d'une bonne image au niveau international : "Non, l'ENA n'est pas unanimement critiquée. Au contraire, parce que l'image de l'administration française est excellente en Europe et dans le monde, elle est appelée par de nombreux pays pour tenir à Paris ou à l'étranger des séminaires de déontologie, de conduite de projet ou de management public."

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