Rétablissement du jour de carence : Philippe Martinez (CGT) dénonce "une mesure absurde" pour "culpabiliser" les fonctionnaires

GOUVERNEMENT - Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez était l'invité de LCI vendredi matin. Pour le syndicaliste, l'annonce faite la veille par le gouvernement de rétablir le "jour de carence" pour les fonctionnaires est une décision "absurde" qui vise à "culpabiliser" ces derniers.

L'annonce a été faite jeudi dans le cadre des mesures d'économies du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin : à compter de 2018, le jour de carence pour les arrêts maladie dans la fonction publique sera rétabli. Une façon, pour le gouvernement, de "lutter contre le microabsentéisme qui désorganise les services", mais aussi d'économiser au passage 170 millions d'euros par an. Le ministre a souligné qu'il s'agissait d'un engagement de campagne d'Emmanuel Macron. 


Une mesure qui risque d'échauder les syndicats, en pleine concertation sur la réforme du code du travail. Invité de LCI vendredi matin, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a dénoncé "une mesure absurde" qui consiste à "culpabiliser les fonctionnaires". 

Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'ils sont des fainéants ? Que lorsqu'ils s'arrêtent, c'est pour se reposer ?Philippe Martinez

Pour le patron de la CGT, il faut poser les "vrais problèmes" de cet abstentéisme, qui sont liés au "mal-travail". "Il y a trop de gens qui souffrent parce qu'ils ont trop de travail", estime le syndicaliste. "Il ne faut pas culpabiliser ceux qui s'arrêtent parce qu'ils font un burn-out."


Le jour de carence, mis en place par Nicolas Sarkozy en 2012, consiste à interrompre la paie du fonctionnaire le premier jour d'un arrêt maladie. Jugé "inefficace" et "injuste", il avait été supprimé en 2014 par François Hollande. Vendredi matin sur RTL, l'ancien candidat socialiste Benoît Hamon a lui aussi dénoncé les économies "réalisées sur les gens qui sont en arrêt maladie". "On devrait s'interroger sur la souffrance au travail", estimait-il. "Les abus n'expliquent pas qu'il y ait autant d'arrêts."

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