Réticent à ouvrir un débat sur l'euthanasie, Véran propose plutôt un développement des soins palliatifs

Olivier Véran, le 9 janvier 2021.

GRAND ÂGE - Alors que les parlementaires relancent le débat, le ministre de la Santé a jugé ce jeudi inopportun de modifier la loi sur la fin de vie et l'euthanasie. Il propose plutôt un "nouveau plan national de développement des soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie".

Des parlementaires, y compris au sein de la majorité, souhaitent ouvrir le débat sur la fin de vie et l’euthanasie. Mais le ministre de la Santé a calmé leurs ardeurs ce jeudi 11 mars au Sénat. "Je ne crois pas que le moment choisi pour modifier le régime juridique de la fin de vie soit le moment opportun", a déclaré Olivier Véran. "Nous sommes encore aujourd'hui en plein combat face à la crise sanitaire" du Covid-19.

Aussi, alors qu'il prenait la parole au Sénat qui examinait une proposition de loi de la sénatrice PS Marie-Pierre de La Gontrie visant à "établir le droit à mourir dans la dignité" (retirée après que la majorité de droite a supprimé sa principale mesure, ndlr), Olivier Véran a exprimé l'avis "défavorable" du gouvernement, et a plutôt proposé un "nouveau plan national de développement des soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie". Il prévoira "un développement de la prise en charge en ville", qui "sera très vite facilitée par la mise à disposition du (médicament) midazolam dès la fin de l'année 2021", a-t-il annoncé.

"Mieux faire connaître la loi actuelle aux professionnels et accompagnants sera un fil conducteur de ce plan qui sera largement détaillé au cours des prochaines assises de la Société française d'accompagnement de soins palliatifs du mois de mai prochain", a-t-il ajouté. "Nous inscrirons dans ce plan la nécessité d'améliorer la formation initiale et continue de l'ensemble des professionnels de santé sur la thématique de la fin de vie", a-t-il poursuivi. Plutôt que se pencher sur la question de l'euthanasie, le gouvernement souhaite donc faire connaître la loi Claeys-Leonetti de février 2016, qui autorise la sédation profonde et continue.

Bientôt des débats à l'Assemblée

Mais l'exécutif n'en a pas terminé avec le sujet, qui reviendra prochainement à l'Assemblée nationale. Le 8 avril, une proposition de loi "donnant le droit à une fin de vie libre et choisie" doit être examinée dans le cadre de l'espace réservé au groupe Libertés et Territoires. Et au sein même de la majorité présidentielle, Jean-Louis Touraine a déposé un texte en faveur d'une "aide médicalisée active à mourir" pour les personnes gravement malades et en fin de vie. Il a engrangé le soutien de plus de la moitié des députés LaREM, soit 164 élus de la majorité, et au-delà mais le texte n'est pas encore inscrit à l'ordre du jour.

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"Philosophiquement proche de cette proposition de loi", le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand avait lui aussi jugé ce mercredi le contexte de la crise sanitaire pas "très opportun". Quant au chef de file du groupe LaREM Christophe Castaner, il a prévenu qu'il ne donnerait pas de consigne de vote sur le sujet, et essaye de jouer le rôle de médiateur entre les députés et le gouvernement. Comme l'a révélé le Journal du dimanche, il a écrit au Premier ministre pour réclamer une réunion sur la "fin de vie" et la proposition de loi issue de la majorité, avec l'hypothèse que ce thème soit renvoyé à la campagne présidentielle.

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