Retour au septennat : une proposition de loi qui va du PS... au FN

Politique

POLITIQUE - A l'initiative de Jean-Pierre Decool (UMP), 37 députés ont déposé, mardi, une proposition de loi visant à imposer un septennat non-renouvelable au président de la République. Etonnant, parmi les signataires, figure le député d'extrême droite, Gilbert Collard.

Ils ne veulent plus entendre parler du quinquennat institué par Jacques Chirac. 37 députés ont déposé, mardi, une proposition de loi visant à imposer au président de la République un mandat de sept ans non-renouvelable consécutivement, au lieu du quinquennat renouvelable actuellement en vigueur.

C'est le député du Nord, Jean-Pierre Decool (apparenté UMP), qui est à l'origine du texte. Le parlementaire a démarché ses collègues, toutes tendances confondues pour cosigner sa proposition de loi. Le texte est paraphé par de nombreux parlementaires UMP mais aussi par le socialiste Michel Lefait ou encore le centriste Michel Zumkeller. Plus étonnant, le député Gilbert Collard (apparenté FN) - et Nicolas Dupont Aignan, le président de "Debout la France" - est l'un des cosignataires. "Je ne me vois pas refuser la signature de quelqu'un. Je ne suis pas dans le dogme", confie Jean-Pierre Decool à metronews. Celui-ci dit attendre de nouvelles signatures, "environ 50".

"Plus soumis à la pression permanente de sa réélection"

Pour Jean-Pierre Decool, la "présidentialisation du pouvoir et des institutions, accompagnée de l’influence grandissante des médias et des nouvelles technologies de communication dans la vie politique, ont dénaturé de manière significative la place et le rôle des institutions de notre République". Le parlementaire estime que "le chef de l’Etat, exposé de manière permanente aux critiques et à la pression populaire et médiatique, ne peut que céder aux sirènes de la séduction électoraliste, affaiblissant par ce biais l’influence du gouvernement et la place du Parlement".

C'est pour ces raisons que les 37 députés ne souhaitent pas qu'un président de la République ait la possibilité d'être candidat à sa réélection. "Avec ces dispositions, le chef de l’Etat n’est plus soumis à la pression permanente du souci de sa réélection, et a de ce fait la capacité de prendre le recul nécessaire sur la politique et les réformes menées."

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